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Énergie Est m’inquiète

Après l’incendie de Fort McMurray qui dévasta des maisons et différents commerces des travailleurs des sables bitumineux, il serait judicieux de réfléchir à cette filière de production d’énergie. Au prix actuel du baril de pétrole en provenance du Moyen-Orient (aux environs de 40 $) est-il encore rentable d’utiliser beaucoup d’eau (qui sera transformée en vapeur), du sable et des produits chimiques pour soustraire ce bitume à la roche profonde?

En tant que Québécoise, ce qui m’inquiète le plus, c’est le projet Énergie Est. Pourquoi faire traverser à ce pétrole plusieurs provinces et menacer d’innombrables aquifères et terres agricoles ainsi que des sources d’eau potable comme le fleuve Saint-Laurent, pour l’exporter jusqu’au Nouveau-Brunswick et ensuite ailleurs? Ne serait-il pas plus logique de le raffiner sur place et de construire un pipeline jusqu’à l’océan Pacifique en traversant les endroits les moins risqués en Colombie-Britannique? Le prix avancé de 15 G$ pour la construction du pipeline Énergie Est est gigantesque, et d’après le sociologue et professeur Éric Pineault, cette production ne durerait pas plus que 40 ans. Sa récente parution, Le piège Énergie Est, devrait être lu par M. Trudeau et les premiers ministres des différentes provinces concernées. Le chroniqueur Gilbert Lavoie, du journal Le Soleil, a écrit une «Lettre à Justin Trudeau» (14/05/16) avec laquelle je suis parfaitement en accord. À quoi bon signer l’Accord de Paris l’an dernier pour la réduction des GES si on continue à produire ce pétrole qui fait partie du problème des changements climatiques?

Maintenant, il est admis que les forages hydrauliques dans le sol aux États-Unis, pour l’exploitation de la formation Bakken situé dans le Dakota du Nord, produisent des tremblements de terre. Même chose en Alberta, les secousses sismiques ont beaucoup augmenté depuis que les multinationales pétrolières s’y sont installées. L’émission Découverte du 8 mai à Radio-Canada en parlait. Donc, cela équivautà plus de dangerosité pour les gens. Un article diffusé sur le site web de Métro le 9 mai parle des conditions de vie éphémères et malsaines de ceux qui se sont installés à Fort McMurray pour faire un coup d’argent. Le titre est évocateur : «Fort McMurray, le trou du cul du monde». Jean-François Hotte est lucide devant le problème et sera à suivre.

Les dirigeants des pays occidentaux nous bombardent constamment avec la croissance économique alors qu’il faut se rendre à l’évidence que nous devons tous aller en décroissance. Il en va de la survie des générations futures.

Lucie Suzanne Messier, étudiante en Ressources énergétiques durables à l’UQAM

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