V Télé Ces gars-là

Après trois épisodes de la deuxième saison de Ces gars-là, à V, force est admettre qu’ils ont effectivement gagné en maturité, comme le clamait la majorité des critiques au lendemain du visionnement de presse. Une conclusion évidente dans la mesure où la simple exclusion de tous les « Bro » du dialogue suffisait à accroître la maturité des deux amis.

Mais quand on gratte un peu, que restent-ils de ces deux gars?

On n’enlève rien à l’émission, c’est drôle la plupart du temps. Les situations sont loufoques et entendre de l’anglais à la télé, une représentation plus réaliste d’un Montréal bilingue, ça fait du bien. Sauf que l’anglais, ici, ne suffit peut-être pas.

Après ces trois premiers épisodes, donc, Ces gars-là souffrent d’un mal qui affligeait aussi, avant sa fin cavalière, l’éternel Two and a Half Man de CBS. Pendant douze saisons, la populaire sitcom du réseau américain reposait sur la simple prémisse d’un « womanizer » co-chambrant avec un « straight-man ». Pas besoin de nuance, ni même de continuité. La formule « une ligne, un gag » fonctionnait à l’intérieur de cette prémisse. Ces gars-là, dangereusement, glisse vers ce lieu consacré, mais peu audacieux.

La dynamique entre un Sam plus « player » et un Simon plus « straight » est de plus en plus rigide, s’actualisant d’un épisode à l’autre sans forcément s’encombrer des traces du passé. Il y a la ligne directrice, soit le ménage à trois entre les gars et une même femme, mais elle est vite écartée de la main au profit des blagues, des situations tirées par les cheveux et d’une formule « une ligne, un gag » usée et prévisible.

C’est malheureux.

J’aime les réalisations de Simon-Olivier Fecteau et l’humour de Sugar Sammy, à mon avis, est enrichissant dans notre paysage. Il ajoute une couleur, sans mauvais jeux de mots, à notre humour souvent trop homogène. Par contre, sur les ondes de V, ces deux créateurs de talent semblent alourdis par la structure – ou les demandes d’un diffuseur, peut-être? Quelque chose cloche, comme une voix étouffée.

La caricature est un terrain glissant, car on ne sait jamais si elle est juste ou bêtement niaiseuse.

C’est encore tôt pour un verdict définitif dans le cas de Ces gars-là, mais je n’aime pas ce que je vois depuis trois épisodes. L’audace des jeunes premiers semble être remplacée par le confort du succès et des éloges.

Heureusement, le confort n’éteint pas complètement le talent. Mais il l’endort, parfois très longtemps.

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