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Le cadran sonne, on sait qu’on n’a pas le choix, alors on se lève. Sur le pilote automatique, on prend une douche, on s’habille, on s’enfile une ou deux toasts au beurre de peanut et on arrête se chercher un café au service-au-volant avant de rentrer travailler. On n’a aucune envie de rentrer travailler mais on le fait… parce que sinon qu’est-ce qu’on ferait? Alors on essaie de taire la petite voix qui nous dit que cette vie-là n’est pas pour nous, on se dit qu’on n’est pas à plaindre, qu’au moins on a une job, et on continue.

Ceci est une histoire vraie. C’est arrivé à l’ami d’un de mes amis. (Si tu as regardé Frissons à Canal Famille entre 1997 et 2000, tu viens d’avoir un puissant flashback. Sinon, c’est pas grave, t’as pas manqué grand chose!) En fait, c’est arrivé à mon chum tout récemment et il est loin d’être le seul jeune professionnel à se remettre en question.

Un parcours typique: le secondaire tire à sa fin, il ne sait pas trop ce qu’il veut faire dans la vie alors il s’inscrit au cégep en sciences humaines. Il ne sait pas vraiment plus ce qui l’allume au moment de s’inscrire à l’université, mais son père a toujours travaillé dans les institutions financières et c’est une bonne job payante, alors pas besoin de se poser la question: ce sera un bac en administration. Puis il s’achète des beaux habits, il devient banquier, il fait pas mal d’argent et il se dit que c’est ça la vie, c’est ça avoir réussi.

La bulle a éclaté en à peine quelques années. Ce travail qu’il détestait allait le rendre malade. C’est arrivé un matin de janvier où le pilote automatique a lâché et la boule dans son ventre l’a empêché de franchir la porte pour aller travailler. Il a tout arrêté juste avant de sombrer et s’est finalement posé la question à laquelle il n’avait jamais eu la réponse: «Qu’est-ce qui me rendrait heureux?»

C’est justement là que ça s’est compliqué, parce que la réponse, il ne l’avait toujours pas. J’avais envie de lui prendre les épaules, de le brasser un peu et lui dire «Voyons! Y’a ben quelque chose que t’aimes assez pour avoir envie d’en faire une carrière! C’est pas si compliqué!» J’ai fini par comprendre qu’en fait, j’étais privilégiée parce que je n’ai jamais eu à me demander ce que j’allais faire dans la vie. Mon rêve de petite fille, je me lève chaque matin pour le réaliser et je me sens complète, utile, épanouie. Je n’ai aucune idée du sentiment de confusion ou même d’échec d’une personne qui réalise, à l’aube de la trentaine, qu’elle doit recommencer à zéro… sans savoir par où commencer.

Alors que certains l’enviaient d’avoir une si bonne job – et le salaire qui va avec – mon chum a quitté son emploi et est en processus de réorientation. À 28 ans. Nouvelle carrière, retour à l’école peut-être. Un chèque de paye bien moins garni et un nouveau mode de vie. Des professionnels l’ont aidé à trouver la réponse à sa question.

Je sais que ça demande beaucoup de courage et d’humilité pour prendre cette décision, mais je crois que c’est la bonne. On mérite tous de se lever le matin en ayant devant nous un défi qui nous stimule, qui nous fait sentir vivant. Il n’existe pas de travail parfait: on va tous avoir des moins bonnes journées ou un collègue qui nous fait chier. Mais on mérite de s’écouter et de ne pas rentrer travailler de reculons chaque matin. On a le droit de s’être trompé, de brasser les dés et de recommencer.  Si vous le faites, vous n’avez pas échoué, vous vous êtes rendu service et vous devriez en être fier.

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