Je suis intrigué par la vague de popularité des émissions de télévision de type «échangeons nos maisons», dans lesquelles des voisins sont invités à échanger leur maison et à en refaire la décoration. Qu’une personne puisse déterminer le look et l’atmosphère d’une maison sans l’apport de l’occupant est ce qui me laisse le plus perplexe. Ce phénomène jette une lumière intéressante sur la relation qui unit les clients et l’architecte ou l’architecte d’intérieur.
Travailler à la conception ou à la décoration d’une maison avec un expert constitue une première étape cruciale, qui assure l’enclenchement d’un processus d’évolution adéquat et l’établissement d’une bonne «première imÂpression». Les clients devraient vérifier qu’ils sont compatibles avec l’expert avant de commencer à travailler avec lui et mettre également en place un cadre de responsabilités.
Tous les experts ont des habitudes de travail bien à eux. Généralement, ils ont des méthodes de conception, des préférences et des échéanciers différents. Certains ont tendance à être assez souples et s’adaptent autant à des styles traditionnels que contemporains, tandis que d’autres ne sont à l’aise qu’avec un style. Il est raisonnable de demander à l’expert de présenter un portfolio de ses réalisations, voire de fournir des références de clients.
Au cours d’une première étape, les clients peuvent dresser une liste de leurs préférences, comme un résumé de leur future maison. Ils peuvent décrire comment ils voient le déroulement de leur vie et consulter les membres de leur famille, y compris les tout-petits. Ils devraient réfléchir à leurs projets. Envisagent-ils une maison pour tout un cycle de vie ou prévoient-ils déménager quelques anÂnées plus tard? Le rôle de l’expert consiste à traduire leurs idées, leurs émotions et leur vision en un tracé et une structure.
Des études menées dans le domaine de l’architecture résidentielle ont démontré à de multiples reprises que les clients qui jouent un rôle actif dans la conception de leur maison ont un meilleur degré de satisfaction à l’égard du résultat que les autres. Récemment, je regardais la fin d’une émission de type «échangeons nos maisons». Au moment où le masque de l’occupant lui a été retiré, je me suis demandé s’il aimait vraiment ce que ses voisins avaient fait de sa maison. Dans la négative, il était trop tard.