The Associated Press Viktor Arvidsson, Ian Cole

La finale de la Coupe Stanley donne lieu à du hockey de très haut niveau. Les Prédateurs et les Penguins ne se font pas de cadeaux, il y a parfois des coups limites, mais rien ne se compare à la décevante demi-finale qui a amené les Preds en finale, non sans éclopés…

Les deux équipes offrent du hockey combatif, intense, mais personne ne dépasse les bornes, du moins jusqu’à maintenant. La qualité du spectacle est exceptionnelle.

Il y a bien notre ami P.K. Subban qui distraie mes collègues présents pour couvrir la finale avec quelques déclarations et une histoire de rince-bouche mal utilisée, mais bon, P.K, c’est P.K.

Ce que nous remarquons, de façon plus sérieuse, c’est la composition des deux équipes sur la glace. Il est difficile d’établir une recette pour gagner, de faire des Preds et des Penguins les seuls modèles possibles menant à la victoire. Ce serait une erreur. On doit quand même admettre que ces deux équipes ont un certain équilibre. C’est ce que tous les directeurs généraux cherchent à obtenir. Dans un monde de plafond salarial, la magie n’existe pas, mais il y a moyen de trouver l’équilibre.

Commençons d’abord par les Preds, bâtis solidement dans les filets et à la ligne bleue. L’attaque a connu quelques ratés, mais cela n’a pas empêché Nashville d’accéder à la finale. Le nom de Frédéric Gaudreault vient en tête de liste quand on parle de magie, mais son succès repose sur sa vitesse…

Les Prédateurs ont un équilibre intéressant dispersé sur les quatre trios. L’apport de joueurs comme Sissons, Arvidsson, Neal et Watson à l’attaque, en plus de Freddie Gaudreault, donnent un certain équilibre à l’attaque. À la défense, l’indéniable contribution de Roman Josi se compare avantageusement à n’importe quel attaquant de premier plan dans la LNH. Les Preds obtiennent aussi un certain équilibre grâce à une passion évidente dans leur jeu et sont dirigés par un gardien (Rinne) en mission.

La recette des Penguins est un peu différente. Crosby et Malkin mènent le jeu, mais à plus d’une reprise depuis le début, Jake Guentzel et Phil Kessel ont mis la main à la pâte avec plusieurs buts importants. À ce jour d’ailleurs, Guentzel est le meilleur buteur des séries. Quelle surprise! Là aussi, sans oublier la contribution de grands joueurs comme Crosby et Malkin, il y a un équilibre provoqué par des joueurs faisant un boulot remarquable soir après soir. On ne parle pas de futurs candidats au Temple de la renommée, même si on considère Guentzel comme un possible récipiendaire du Conny Smythe. Il reste que les joueurs dont j’ai fait mention ne risquent pas d’être au Temple à la fin de leur carrière.

Peu importe qui remportera la victoire, les joueurs permettant cet équilibre tant souhaité et d’une importance capitale auront joué un très grand rôle.

Un peu d’histoire
Le sondage tenu auprès de 3,6 millions d’amateurs sur le site officiel de la LNH sur les plus grandes équipes championnes de la Coupe après 100 ans, est révélateur. Les Oilers de 84-85 et les Penguins de 91-92 ont coiffé l’incroyable équipe du Canadien de 76-77.

Il est difficile d’établir des parallèles entre aujourd’hui et ces époques. Ça peut paraître boiteux jusqu’à un certain point, vu les différences dans le sport.

Les Oilers et les Penguins ont représenté des équipes championnes ayant avec elles de grandes vedettes et une force offensive impressionnante. Malgré tout, dans une époque où le hockey était très offensif, il y avait une forme d’équilibre derrière les Lemieux et Gretzky, les grands leaders.

L’édition 76-77 du CH, dois-je le rappeler, n’avait perdu que huit parties régulières cette saison-là. Soixante victoires et une domination presque complète durant les quatre rondes des séries les menant à la Coupe.

Cette machine nous donne quand même quelques indications intéressantes. Même si la plupart des joueurs-clés de cette équipe sont au Temple, la ligne de centre du CH était composée de Jacques Lemaire, Pierre Mondoux, Doug Risebrough et Doug Jarvis. Sans oublier Peter Mahovlich. De ce groupe, seul Lemaire est au Temple.

L’équilibre parfait du CH reposait sur une ligne de centre efficace, mais bien évidemment, une arrière-garde de premier ordre. Le gardien Ken Dryden était protégé par l’un des plus grands trios de défenseurs jamais réunis dans une équipe: Guy Lapointe, Larry Robinson et Serge Savard faisaient la loi.

Contrairement aux champions que furent Pittsburgh et Edmonton, le CH a été dominant grâce à son équilibre et à un groupe de joueurs dédiés à accomplir son travail et entourant adéquatement des joueurs offensifs comme Lafleur et Shutt, qui ont semé la terreur dans les territoires adverses cette année-là. La recette de Scottie Bowman était l’équilibre. Il apparaît difficile dans la réalité d’aujourd’hui de copier cette fameuse recette, mais lorsque vous vous en approchez, c’est à ce moment que tout peut être permis.

Des prochaines semaines assez chargées merci
Je vous rappelle qu’un repêchage d’expansion arrive à grands pas. Les Golden Knights de Las Vegas feront leur entrée bientôt officiellement dans la Ligue.

Certains observateurs, en coulisses, prédisent un mois de juin très chaud dans la LNH. Entre les 17 et 21 juin, la seule équipe autorisée à effectuer des mouvements de personnel sera les Golden Knights. C’est avant que cela risque d’être intéressant.

Une liste de protection de 11 joueurs, c’est ardu à concocter, dans un monde où on est à la recherche de talent et d’équilibre. Certaines équipes laisseront des choux gras en pâture.

Une information glanée au cours de la dernière saison auprès d’une source solide laissait croire que les Golden Knights chercheront à bâtir une banque de choix de repêchage pour l’encan de 2017 et pour celui de 2018. En plus de devoir partir à zéro et de se construire une équipe, George McPhee a l’intention de dérober quelques choix de repêchage à ses adversaires pour ainsi accélérer son processus de construction et permettre à M. Foley, le proprio, de rentabiliser dans un avenir raisonnable les 500 millions $ déboursés pour obtenir la 31e équipe de la LNH.

Chez le Canadien, quelques questions restent en suspend. Est-ce que Marc Bergevin protégera Nathan Beaulieu, Alexei Emelin ou Jordie Benn? Est-ce si évident qu’un attaquant de premier ordre ne sera pas troqué pour en protéger d’autres?

Sans bruit, car notre ami P.K occupe toute la place médiatique durant cette finale, le dossier Galchenyuk est de plus en plus intéressant. Le jeune homme n’a toujours pas signé de contrat avec le CH. Lui qui empochait 3,1 millions $ l’an dernier, revendique tout de même une saison de 30 buts en 2015-2016. C’est pas rien.

Vous connaissez mon penchant pour le talent de Galchenyuk. Cependant, Marc Bergevin est devant une situation qui va demander beaucoup de doigté. Est-ce qu’il est pertinent de signer le Russe maintenant et de l’attacher à long terme avec le CH? Pour ce faire, il faudra que le salaire de Galchenyuk soit ajusté à ceux de Max Pacioretty et d’Alexander Radulov, c’est-à-dire aux meilleurs de l’équipe. Si le jeune joueur veut trouver profitable de s’engager à long terme maintenant, il doit y trouver son compte. Le pari du contrat d’un an est aussi intéressant, mais il n’est pas dit qu’en fin de compte, le CH sera vraiment gagnant.

L’autre option avec laquelle peut flirter Bergevin est la transaction. Y a-t-il sur le marché une équipe capable d’offrir ce que le CH convoite en retour de Galchenyuk? Cette option est certainement analysée, il aurait été irresponsable de ne pas avoir fait ses devoirs.

Nous n’entendons plus parler de Radulov parce que le dossier chaud est celui de Galchenyuk. C’est un point tournant. L’apport d’un jeune hockeyeur talentueux comme lui est aussi un gage d’équilibre chez le CH.

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