Le premier Grand Prix du Canada a eu lieu lors du centenaire de la Confédération, en 1967, sur le circuit de Mosport Park, en Ontario. Cinquante ans plus tard, voici un retour sur quelques moments marquants de l’histoire du Grand Prix du Canada.

Gilles Villeneuve à Montréal

Après s’être déroulé à Mosport huit fois – entrecoupé de deux courses à Mont-Tremblant –, le Grand Prix du Canada déménage à Montréal à l’automne 1978 et le favori local, Gilles Villeneuve, y remporte son premier titre en carrière. «Ça complète une histoire presque rocambolesque, Villeneuve qui l’emporte à la maison à sa première saison complète en F1, chez Ferrari, une écurie mythique», estime Bertrand Houle, analyste F1 au Réseau des sports (RDS).

L’expert ajoute qu’il faut se rappeler que la course devait plutôt établir ses pénates à Toronto. «C’était dans les rues de la ville, mais les citoyens se sont opposés au projet. Alors, ici, on a commencé à travailler à toutes sortes de trucs. notamment passer la piste dans le Stade olympique pour profiter des estrades», rappelle M. Houle. Finalement, l’île Notre-Dame est retenue et la piste est construite en environ huit mois. «C’est sûr que le fait que Gilles soit là a sûrement encouragé les politiciens à donner accès à l’île», poursuit le spécialiste.

Jour sombre

La Formule 1 a longtemps été un sport très dangereux. Ainsi, le Grand Prix du Canada déplore une victime à sa course de 1982. À son premier départ en F1, le pilote italien Riccardo Paletti percute l’arrière de la voiture de Didier Pironi, qui a calé au départ. «Il est parti complètement dans le fond et il a reçu la poussière soulevée par toutes les voitures. C’était un pilote-recrue avec une voiture de fond de peloton. Tous les ingrédients étaient réunis pour un triste événement», croit Bertrand Houle. C’est visiblement sur le coup que Paletti a perdu la vie, même si sa voiture a pris feu avant qu’on ait pu l’en extraire.

Le Grand Prix de Montréal a également été marqué par d’autres accidents, dont celui d’Olivier Panis, qui s’est cassé les deux jambes en 1997. «C’est un circuit urbain, alors les rails sont très près, souligne M. Houle. Mais les voitures se sont beaucoup améliorées. Robert Kubica [en 2007] a très bien survécu à un choc très violent duquel il ne serait probablement pas sorti vivant 10 ans auparavant.»

Victoires marquantes

Outre Gilles Villeneuve, plusieurs pilotes ont gagné leur premier Grand Prix à Montréal, ce qui en fait des courses assurément marquantes, juge l’analyste de RDS. «Je pense à Lewis Hamilton [en 2007]. Le pilote s’en souvient, les amateurs aussi. Hamilton est très populaire à Montréal, on le voit dans les estrades, et c’est probablement dû à cela», soutient Bertrand Houle.

Il évoque aussi Robert Kubica en 2008 et la seule victoire en carrière de Jean Alesi, en 1995. «Un francophone sur Ferrari en plus! La piste a été envahie par des gens qui célébraient un peu avant la fin de course, alors que des voitures passaient encore sous le damier», dit-il.

D’un Villeneuve à l’autre

«Ce qui a été bien pour le Grand Prix, ç’a été les années Villeneuve de 1978 à 1981. Les Québécois ont eu la piqûre avec Gilles et l’engouement est resté. Si l’intérêt était complètement retombé, je ne pense pas que le Grand Prix aurait pu survivre jusqu’à ce que Jacques arrive», croit Bertrand Houle. Il juge que le circuit Gilles-Villeneuve, nommé ainsi depuis le décès en piste du pilote, en 1982, est idéal pour les amateurs, car ils sont près de l’action.

Comme son père, Jacques Villeneuve est monté sur le podium à sa première présence à Montréal, récoltant la deuxième place en 1996. Toutefois,
la domination subséquente de Ferrari a permis à Michael Schumacher de remporter six des huit courses suivantes, battu seulement par Mika Häkkinen en 1999 et devancé de quelques secondes par son frère Ralf en 2001.

«Jacques n’a jamais gagné à Montréal, il est entré dans le mur [du Québec] en essayant de suivre Michael Schumacher, mais c’était une domination de Ferrari à cette époque.» – Bertrand Houle, analyste F1 à RDS

La remontée de Button

Pour Bertrand Houle, la victoire «la plus surprenante» à laquelle il ait pu assister à Montréal est celle de Jenson Button en 2011. «Il s’est retrouvé dernier après un accrochage avec son coéquipier [Lewis Hamilton], mais il a gagné parce que Sebastian Vettel a dérapé dans le dernier tour», raconte le spécialiste.

Après une interruption pour pluie et plusieurs passages de la voiture de sécurité, Button a réussi à remonter à la deuxième place, tout juste derrière Vettel. Celui-ci a emprunté une partie encore détrempée de la piste et a dérapé, laissant la voie libre au Britannique pour sa seule victoire à Montréal.

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