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Créons Pétro-Québec

Je suis aux anges. Enfin, je ferai l’unanimité. Je propose, comme d’autres pays l’ont fait avec succès, de créer Pétro-Québec afin de nous libérer de notre servitude face aux pétrolières.

Bien évidemment, cela aurait été plus facile si nos gouvernements n’avaient pas démantelé en catimini la Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) et Hydro-Québec gaz et pétrole et n’avaient pas cédé gratos le pétrole québécois à des bineries comme Pétrolia.

Faut être déconnecté pour céder notre pétrole québécois à des affairistes, sachant pertinemment comment les pétrolières nous arnaquent. On avait une chance inouïe d’assurer à tout jamais notre souveraineté collective sur une ressource névralgique comme on l’a fait lors de la nationalisation de notre électricité.

Qu’à cela ne tienne, avec un minimum de bonne volonté, Québec a tous les pouvoirs pour créer Pétro-Québec au nom du bien commun et de l’enrichissement collectif. Déjà en 2007, les détaillants indépendants avaient accrédité mon idée de construire une raffinerie en partenariat avec eux.

Imaginez, avec la fermeture de la raffinerie Shell et les 260 stations-services que Shell veut vendre, ce serait encore plus facile. Québec doit récupérer cette raffinerie au nom des intérêts supérieurs de la collectivité. Ensuite, il s’agira simplement pour Pétro-Québec de négocier un contrat d’a­chat de brut à long terme avec un pays producteur et d’acquérir les 260 stations services de Shell.

Assurément, les profiteurs vont encore nous seriner que c’est impossible et vont me crier des noms. Pour ces opportunistes, on peut tout privatiser sans problème, de Pétro-Canada à Air Canada, en passant par le CN et toutes nos ressources naturelles et tous nos services publics, mais impossible de nationaliser quoi que ce soit. C’est à sens unique. Du communisme corporatif, quoi!

Puis-je vous rappeler que, dans un sondage Léger Marketing publié en septembre 2005,  les deux tiers des Québécois approuvaient l’idée de nationaliser les ressources pétrolières canadiennes. Mais, fidèle à son habitude, Charest a cédé nos ressources naturelles à des  arrivistes et a en plus eu le culot de nous dire cette semaine qu’il préférait laisser la concurrence agir sur le prix de l’essence.

Un élu qui y voit de la concurrence est un danger public, comme les journalistes qui ont rédigé ces articles dans La Presse : «L’essence chère a de bons côtés»; «La hausse du prix de l’essence fait maigrir» et enfin cette perle de François Cardinal : «10 raisons de se réjouir du prix de l’essence».

Les lobbyistes des pétrolières ne feraient pas mieux. Si on suit leur logique, faut donc, pour notre propre bien, souhaiter et même exiger d’autres hausses du prix de l’essence!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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