Inspiration

C’est quoi l’buzz d’être sobre à l’année?  

Cool de dire non à l'alcool ? On explique.

Cool de dire non à l'alcool ? On explique.

Si beaucoup de Québécois.es déposent la bouteille pendant le défi 28 jours sans alcool, de plus en plus de gens en profitent pour mettre un terme définitif à leur consommation, y compris vedettes et influenceur.euse.s. Mais comment le mode de vie sans vino est-il devenu cool

Sobre depuis 2016, l’actrice Éliane Gagnon n’en revient pas à quel point les gens adhèrent au 0%. Et ce, surtout depuis qu’elle a fondé il y a quatre ans Soberlab, un site qui promeut la sobriété sans négativité, sans honte, sans jugement. 

«On en parle beaucoup plus. Je ne dis pas que c’est nécessairement à cause de Soberlab, mais il y a beaucoup de personnes qui en parlent publiquement, des vedettes entre autres, et c’est sûr que ça réduit la stigmatisation reliée autour du trouble de dépendance.»  

On retrouve aussi un nombre grandissant d’options sans alcool à l’allure funky et aux saveurs réjouissantes, ce qui nous pousse à les inviter plus souvent dans nos soirées festives. On n’a qu’à penser aux produits québécois Atypique par Étienne Boulay, BockAle ou Monsieur Cocktail

Qui est sobre?

Une question de bien-être 

Selon la militante, ce changement de mentalité prend avant tout source dans notre aspiration au bien-être.   

Au même titre que la routine de soin beauté, la sobriété est une manière de prendre soin de soi. En 2022, on est plus conscient.e de ce qu’on met dans notre corps, surtout lorsqu’il s’agit de substances toxiques ou addictives. On a donc plus tendance à les éviter, estime-t-elle.  

«Quand tu t’aimes et que tu as envie d’être bien, tu n’as plus envie de te détruire dans les abus de substance», explique-t-elle.  

L’actrice et autrice Éliane Gagnon.

Ainsi, pas besoin d’atteindre le bas-fond ou de perdre une maison pour arrêter de consommer, selon Éliane.  

La sobriété séduit à coup sûr les personnes en quête d’accomplissement personnel, note l’artiste Gabrielle Laïla Tittley, alias Pony. «On aime relever des défis. Il y a quelque chose de super positif là-dedans».  

L’impact des réseaux sociaux  

Et ça, plusieurs l’ont compris et en font largement la promotion sur les réseaux sociaux, rendant le mouvement encore plus accessible et, disons-le, sexy. 

Quand on voit des créateur.trice.s de contenu aussi populaires que Lysandre Nadeau nous dire que la vie est tellement plus belle sans boisson, ça fait envie. «On se défait de l’idée qu’on ne peut pas avoir du plaisir sans alcool», remarque Gabrielle.  

Même chose quand de grandes vedettes nous mettent au défi de faire une pause à coups d’offensives sur Instagram. Si les États-Unis ont leur «Sober October» ou leur «Dry January», au Québec, on connaît mieux le Défi 28 jours sans alcool de la Maison Jean Lapointe, duquel l’humoriste Jean-Michel Anctil et l’animatrice Anouk Meunier sont les porte-paroles.  

Peu importe leurs noms, ces moments d’abstinence amènent aussi des gens à changer leurs habitudes pour de bon, se réjouit Éliane. «Quand ils font des moments d’arrêts, les gens font aussi une prise de conscience; tu te dis: “ah je suis bien, je vais continuer”.»  

On peut en plus compter sur des applications de rencontres pour personnes sobres comme Loosid et même des marques de vêtements comme Sober is Sexy, qui imprime sur ses produits des messages inspirants en lien avec la sobriété depuis 2010.   

Deviendrons-nous donc plus sobres à la longue? Oui, tranche Éliane. Toutefois, elle apporte quelques nuances: «Est-ce que ça va devenir un standard? Non. Je pense que ça va devenir accepté et respecté, de plus en plus normalisé, mais j’ai l’impression qu’il va toujours avoir du travail à faire.»   


Quand la COVID s’invite dans le verre 

En nous rendant collectivement plus vulnérables, plus anxieux ou plus isolé.e.s, la pandémie en a incité plusieurs à se verser plus de verres qu’à l’habitude. 

C’est le cas de l’artiste montréalaise Gabrielle Laïla Tittley, alias Pony.

Elle a annoncé sa pause de booze d’un mois le 24 janvier sur sa page Facebook. Curieux hasard: elle avait auparavant signé le nouvel habillage de la compagnie Bière sans alcool.

Aujourd’hui, ses tablettes sont garnies d’eaux pétillantes aromatisées, de kombucha et de houblon non alcoolisé. Prête pour son défi, elle dit ne pas s’inquiéter des cravings.

«Je suis l’exemple d’une consommatrice modérée, qui est tannée de la pandémie, et qui a envie d’éliminer les stresseurs dans sa vie», souligne-t-elle.

Pour Gabrielle, c’est un cadeau pour la santé mentale et non pas une privation pour la seule raison de se priver. 

Elle n’exclut pas d’arrêter de boire définitivement si les bénéfices de la pause sont plus grands pour elle à la fin de son défi temporaire. 

«C’est juste d’apprendre à vivre sans ça et de passer la barrière psychologique de la tentation. Ce qui va être le fun, c’est de ne pas avoir des moments où je suis f*cking triggered, où je deviens dark», lance-t-elle.

De toute façon, pas besoin de boire pour être sur le party.

La série «C’est quoi l’buzz» décortique les plus récentes tendances de manière décomplexée. Faites vos «pense-bon.ne.s» lors de vos prochains soupers en la lisant régulièrement dans la section Inspiration du Journal Métro.

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