Alors que le maire Ferrandez applaudit le futur centre d’arts intégrés dans l’ancien Presbytère Saint-Jude, les deux entrepreneurs à l’origine du projet dénoncent le véritable chemin de croix bureaucratique qu’ils ont dû parcourir afin d’obtenir les permis nécessaires.

Selon les promoteurs, il leur aura fallu plus de deux ans pour obtenir l’ensemble des permis requis par l’arrondissement pour transformer le presbytère Saint-Jude de la rue Saint-Denis en centre d’arts, un projet novateur dans l’esprit du nouveau plan de développement culturel du Plateau-Mont-Royal.

«Les délais à l’arrondissement sont déraisonnables», tranche Marc O’Brien-Miro, promoteur du centre Livart.

Sa conjointe, Cindy Trudeau, abonde dans le même sens.

«On a déposé les plans finaux, avec les modifications demandées par le comité consultatif en urbanisme, le 5 juin. Ç’a été le silence radio jusqu’en novembre, puis on nous est revenu avec des demandes pour des études sonores faites par un ingénieur pour des équipements sur le toit. On a finalement eu le permis le 21 décembre», raconte Mme Trudeau.

Cette dernière affirme que l’arrondissement leur avait pourtant assuré que le dossier serait traité dans un délai maximal de trois mois après le dépôt final.

«On dirait qu’ils n’ont pas ouvert notre dossier avant novembre. Chaque fois qu’on appelait, on nous disait que d’autres dossiers devaient être traités avant le nôtre», relate Mme Trudeau.

Manque d’ouverture
Résultat de ces embûches administratives: le centre Livart ouvrira ses portes à la rentrée 2016 plutôt qu’à temps pour la saison estivale.

«Quelques mois de décalage pour l’ouverture, en affaires, ça fait une grosse différence. Il y a des frais associés au local vacant, souligne M. O’Brien-Miro. Si on n’avait pas d’autres entreprises pour nous soutenir financièrement, le projet serait mort dans l’œuf.»

Le couple se désole du peu de sérieux qui lui aurait été accordé par les élus du Plateau-Mont-Royal.

«On a pas été pris au sérieux parce qu’on est jeune. Il n’y avait pas d’ouverture», croit Mme Trudeau.

Le maire, Luc Ferrandez, a d’ailleurs affirmé sur les réseaux sociaux qu’il n’avait pas cru de prime abord au projet du centre Livart.

«Il y a deux ans, un couple m’a demandé de les rencontrer pour changer l’usage d’un presbytère en centre d’art. […] J’étais persuadé que c’était une passe pour obtenir un changement d’usage sous un faux prétexte. Après de longues hésitations, nous avons concédé le changement d’usage, mais nos inspecteurs étaient avisés de la possible arnaque. Puis pendant deux ans; plus rien. Silence radio. Je me disais qu’on s’était fait avoir. Et maintenant apparaît cette merveille. Comme je suis content de m’être trompé», a écrit le maire sur Facebook.

Retards dans l’envoi de documents
Les services de l’arrondissement, eux, affirment que les divers niveaux d’approbation nécessaires en raison du caractère patrimonial de l’immeuble complexifient le processus. De plus, des documents auraient tardé à être envoyés, ce qui expliquerait les délais.

«Les promoteurs ont plusieurs fois tardé à envoyer les documents requis à chacune des phases. Par exemple, dans le cadre du projet particulier, l’arrondissement a dû leur envoyer une lettre fixant un délai pour obtenir les documents requis, faute de quoi quoi nous fermerions leur demande», soutient la chargée de communications du Plateau-Mont-Royal, Catherine Piazzon.

Selon elle, la demande finale de permis de construction, après le processus de dérogation, aurait été déposée le 1er juillet 2015. Le permis, lui, aurait été délivré le 18 décembre 2015.

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