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Harcelée et intimidée par plusieurs camarades à l’école Saint-Vincent-Marie, une jeune fille vient de faire condamner la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) qui n’a pas été capable de stopper les agissements de ses agresseurs.

Les faits se sont déroulés durant l’année scolaire 2010-2011. Lors de sa sixième année dans l’établissement situé à Montréal-Nord, la plaignante, âgée de 11 ans, assure que des «garçons lui tirent les cheveux, cachent ses affaires, lui donnent des noms, laissent des notes de menaces dans son pupitre».

«Un gros coup de poing à la poitrine», lui aurait également été donné avant que «cinq garçons l’empêchent de sortir» des toilettes et «la touchent», selon les déclarations de la jeune fille d’origine hongroise, arrivée au Canada en fin d’année 2009.

Différentes plaintes, auprès de la CSPI puis de la police ont été déposées, révèle la Cour supérieure dans un jugement rendu en décembre 2015.

La CSPI a cherché à «attaquer la crédibilité» de la victime
Durant le procès, la CSPI a reconnu que la classe de la victime, qui comprenait une vingtaine d’élèves, était «un peu difficile». Cependant, elle «met en doute que certains incidents ont eu lieu, ou que d’autres n’étaient pas aussi sérieux que le témoignage de X le suggère».

Des représentantes de la CSPI ont également affirmé que la jeune fille «dansait de façon suggestive» lors d’une danse de la Saint-Valentin et «qu’elle ne peut pas danser de cette manière à l’école.»

Des propos «sexistes et très inquiétants», selon Me Anne Castagner, avocate de la famille de la plaignante. «Comment une école peut-elle soulever un tel point ? Il ne s’agit que d’une enfant.»

Le juge Stephen W. Hamilton n’a pas tenu compte de ces arguments, assurant que la CSPI cherchait à «attaquer la crédibilité» de la victime, préférant mettre l’accent sur les fautes de la commission scolaire.

«Il y a eu plusieurs incidents pendant l’année scolaire qui ont été portés à l’attention de l’enseignante et de la direction de l’École. Il était à prévoir que la situation continuerait ou même empirerait.»

Alors que les parents et tuteurs légaux de la fillette réclamaient «50 000 $ à titre de dommages pour stress, troubles psychologiques, perte de jouissance de la vie, inconvénients» et «50 000 $ en dommages exemplaires», le tribunal a condamné la CSPI à verser de 10 000 $, avec intérêts, à la plaignante.

Me Anne Castagner se dit «satisfaite». «Les commissions scolaires et les écoles doivent prendre des mesures pour protéger les enfants de telles intimidations. Il faut être vigilant».

La CSPI ne souhaite pas «commenter pas cette affaire, ni le jugement de la Cour Supérieure».

 

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