TC Media – Isabelle Bergeron Le travail d'une résidente de VMR, Diane Sasson, pour lutter contre la violence conjugale a été récompensée alors qu'elle a été nommée au sein de l'Ordre du Canada.

Diane Sasson a fait de la violence conjugale une bataille quotidienne durant plus de 20 ans. Anciennement à la barre de l’Auberge Shalom, la résidente de Ville de Mont-Royal s’est récemment vue nommer au sein de l’Ordre du Canada.

«C’est une grosse surprise pour moi. Je ne m’attendais pas du tout à cet honneur. Je suis très, très flattée», commente d’emblée Mme Sasson.

La femme de 64 ans fait partie des 100 nominations annoncées en décembre par le gouverneur général, David Johnston.

Mme Sasson est devenue membre de l’Ordre du Canada «pour son engagement à éradiquer la violence familiale et son soutien des changements juridiques favorisant la protection des victimes», indique le bureau du gouverneur général.

Pendant deux décennies, la résidente de VMR a été directrice de l’Auberge Shalom, une maison d’hébergement dans Hampstead pour les femmes abusées et leurs enfants, qui offre aussi des consultations externes.

À ses yeux, sa nomination représente une reconnaissance du travail exercé en violence conjugale. «C’est perçu comme quelque chose d’important pour la société», estime Mme Sasson qui partage cet honneur avec l’équipe du centre.

Femmes juives orthodoxes

Très impliquée dans la communauté juive pour la cause des femmes, Diane Sasson a été approchée afin de prendre la direction de l’Auberge Shalom en 1995.

Ouvert à la fin des années 1980, le centre d’hébergement s’adressait avant tout aux femmes juives orthodoxes. «La communauté (juive) n’était pas assez exposée à cette problématique de la violence conjugale. Avoir la maison d’hébergement a beaucoup ouvert la porte pour que la communauté reconnaissance qu’il y a un problème comme ailleurs», explique Mme Sasson.

La maison accueille aujourd’hui toutes les femmes sans égard à leur origine et à leur religion. Les femmes juives représentent encore 20% des visiteuses au centre d’hébergement et 40% des usagers pour de la consultation.

Au fil des ans, l’ancienne directrice s’est aperçue que les femmes qui sortent de l’Auberge Shalom ont davantage d’assurance.

«Les statistiques ont beaucoup changé. Avant, plusieurs retournaient chez leur conjoint, mais maintenant comme on peut les soutenir plus longtemps, elles sont plus préparées à prendre une vie indépendante si cela leur convient», fait valoir Mme Sasson.

Celles qui décident de retrouver leur conjoint sont plus fortes et prêtes à imposer leurs limites, ajoute-t-elle.

Défis budgétaires et juridiques

Mme Sasson a récemment quitté le centre d’hébergement. Elle laisse un important défi en matière de financement.

«On n’a pas assez de subventions. On doit ramasser nous-mêmes 35% de notre budget. Pour un petit organisme communautaire, c’est très difficile de trouver des fonds», expose Mme Sasson.

Le centre pourrait devoir couper des services s’il n’amasse pas l’argent nécessaire, soutient l’ex-gestionnaire.

Elle croit aussi que les services juridiques pour soutenir les femmes victimes de violence conjugale devraient être améliorés.

«C’est très difficile de trouver de bons avocats qui vont aider les femmes gratuitement», relate Mme Sasson.

Elle suggère notamment la mise sur pied d’une clinique juridique spécialisée en violence conjugale afin de limiter les coûts et faciliter le processus.

Diane Sasson recevra son insigne de l’ordre lors d’une cérémonie qui aura lieu au cours de l’année.

L’Ordre du Canada

Une des plus prestigieuses distinctions honorifiques civiles au pays, l’Ordre du Canada a été créé en 1967. Cet honneur reconnaît des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Près de 7000 personnes de tous les milieux ont été investies de l’Ordre. Les nominations sont faites par le gouverneur général selon les recommandations du Conseil consultatif de l’Ordre du Canada.

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