Gracieuseté Tout comme son grand-père maternel, Viviane Aubin mène des études à Polytechnique Montréal.

Viviane Aubin cumule nombreuses implications parascolaires, sportives et communautaires, tout en poursuivant une formation en génie énergétique à Polytechnique Montréal. La cause environnementale est au cœur de l’engagement social de la jeune Insulaire qui souhaite mener une carrière au profit de l’avenir de la planète.

En parallèle à sa maîtrise, elle fait la tournée des écoles pour promouvoir les énergies vertes, participe à la construction de la voiture solaire de Polytechnique, du nom d’Estaban, et anime des ateliers organisés par Les Scientifines, dont la mission est d’initier des jeunes filles en milieu défavorisé à la science.

À cette liste, s’ajoutent ses entraînements en natation, des championnats de sauvetage sportif et des voyages humanitaires en Inde et en Bolivie.

Vivant avec l’arthrite juvénile depuis l’âge de 15 ans, Viviane Aubin reprend sa revanche sur les débuts de la maladie qui l’a freiné dans son quotidien. «J’ai comme été frustrée pendant un certain temps et maintenant je veux tout faire. Je profite à fond de mes capacités», affirme celle qui contrôle ses symptômes grâce à la médicamentation et une bonne hygiène de vie.

Son énergie débordante est loin de passer inaperçue. Elle vient d’être décorée de l’Ordre de la rose blanche de Polytechnique Montréal, visant à la fois rendre hommage aux victimes de la tuerie du 6 décembre 1989 et encourager les jeunes femmes qui se démarquent dans le milieu scientifique.

«Je vois ça comme une très belle reconnaissance de tous les efforts que j’ai mis dans mes études et dans mes autres projets. Ça fait chaud au cœur», commente la lauréate.

De famille
La préoccupation de Viviane Aubin pour l’environnement remonte à son enfance.

«Quand j’étais toute petite, c’était assez intense, parfois ça m’empêchait de dormir, se souvient l’étudiante de 23 ans. Au primaire, j’ai eu un enseignant qui était très sensibilisé et qui nous en a beaucoup parlé. Ça m’a éveillé à tous les défis auxquels on devrait faire face dans les prochaines décennies.»

Elle a décidé de faire un choix de carrière qui lui permettra d’apporter des solutions à la lutte contre les changements climatiques.

«Plus j’avance dans mes études, plus je découvre de nouvelles voies. Mais j’aimerais bien faire de la gestion de projets en énergie renouvelable, que ce soit implanter des parcs éoliens ou solaires», mentionne celle qui mène actuellement des recherches pour optimiser la production hydroélectrique avec l’arrivée de nouvelles énergies.

Son intérêt pour les sciences et le génie, elle le doit en partie à sa mère et à son grand-père maternel. Tous les deux sont diplômés de Polytechnique.

«Ce sont des esprits scientifiques. Ma mère m’a transmis sa passion pour les mathématiques. Mon grand-père m’a aidé à avoir une belle perception du génie. Il aimait beaucoup bricoler, il ne jetait pas les choses, tout pouvait se réparer», décrit-elle.

Place des femmes
Viviane Aubin se montre optimiste quant à place des femmes dans le monde des sciences et de la technologie, mais reconnaît qu’il reste encore du chemin à parcourir. Polytechnique Montréal compte en ce moment 28% d’étudiantes.

«Les filles ont tendance à moins aller vers un programme de sciences et de génie si elles ne se sentent pas excellentes alors que les gars vont y aller même s’ils sont moins bons ou dans la moyenne. Ce n’est pas parce que tu n’as pas les meilleures notes que tu ne peux pas faire une différence dans un milieu surtout si tu aimes ce domaine», analyse-t-elle.

Mme Aubin note aussi que les collègues masculins ont parfois davantage de difficultés à accepter l’opinion des filles.

«Les gars ne sont pas habitués à recevoir des avis techniques des filles. Ils le sont de plus en plus, mais ce n’est pas quelque chose de conventionnel. Je pense que plus il y aura de femmes en science, plus facile ce sera et moins on aura à se prouver. Les gars vont savoir qu’on est capable», soutient l’étudiante.

Selon elle, des projets comme Les Scientifines et la valorisation modèle de réussite de scientifiques féminines peuvent aider à attirer des femmes dans ce milieu.

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