Après le racisme, il y a maintenant le sizeism. La discrimination basée sur la taille est un phénomène bien réel dans plusieurs milieux de travail.

Vous avez toutes les qualifications requises pour le poste que vous convoitez, mais vous êtes plus enrobé que tous les candidats présents à l’entrevue? Il se peut qu’un autre que vous soit choisi pour l’emploi en question.

Cela est encore plus vrai si vous êtes une femme. Selon l’Organisation internationale du travail, les femmes obèses sont huit fois plus nombreuses à rapporter avoir été victimes de discrimination au travail que les femmes à l’indice de masse corporelle normal. Chez les hommes, ils sont seulement trois fois plus nombreux à avoir vécu cette même situation.

Ce serait même devenu l’une des principales causes de discrimination ou de renvoi chez les Américaines. En effet, le sizeism est maintenant la troisième forme de discrimination la plus courante pour les femmes au travail, après le sexisme et l’âgisme.

Une discrimination basée sur des préjugés
Le culte de la minceur est omniprésent dans nos sociétés. On pense qu’une personne mince est déterminée, forte et dynamique, alors qu’une personne obèse sera perçue comme paresseuse, faible ou inefficace.
Pourtant, il est prouvé scientifiquement que le niveau de compétence ou les traits de personnalité d’un travailleur n’ont rien à voir avec son poids.

Et contrairement à d’autres types de discrimination, par exemple l’homophobie, il existe peu ou pas de militants qui luttent contre la «grossophobie». «Les personnes obèses se sentent souvent coupables de leur condition. L’obésité est la seule discrimination encore socialement acceptable aujourd’hui dans nos sociétés occidentales», indique Anouck Senécal, nutritionniste et chef de projet chez ÉquiLibre.

Est-ce seulement légal?
Aux États-Unis, le Michigan est le seul État à s’être doté d’une loi interdisant la discrimination basée sur le poids, et ce, depuis 1977. Certaines villes américaines incluent également le poids dans les discriminations à proscrire, alors que d’autres parlent d’apparence physique en général.

Au Québec, la discrimination dans la sphère du travail est proscrite par la Charte des droits et libertés de la personne. Il est en effet interdit à un employeur de traiter un employé de façon différente sur la base de caractéristiques personnelles, comme l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Le poids peut aussi être un motif examiné par la Commission des droits de la personne. Cependant, dans le domaine de l’emploi, l’absence ou la présence d’une caractéristique personnelle n’est pas jugée discriminatoire si elle est nécessaire pour exercer ledit emploi.

Quoi faire pour changer les choses?
Selon Anouck Senécal, d’ÉquiLibre, la lutte contre la discrimination basée sur le poids passe avant tout par la réduction des préjugés envers les personnes de forte taille. Cela se traduit notamment par la promotion de la diversité corporelle au sein même des entreprises et des milieux de travail, en établissant des procédures internes non discriminatoires claires et en cessant de faire des commentaires à propos du poids de ses collègues.

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