Et si l’école était une occasion de se réaliser et de développer son potentiel créatif? C’est le pari qu’ont fait plusieurs établissements en élaborant des concepts pédagogiques hors du commun, afin de mieux adapter l’enseignement aux réalités du terrain.

Les yeux sous terre
Avec le boom économique et la pénurie de main-d’Å“uvre annoncée dans les prochaines années, le secteur des mines se modernise et espère attirer de nouveaux bras. Le Centre de formation professionnelle de Val-d’Or propose ainsi plusieurs programmes offerts directement en entreprise, comme l’extraction de minerai (390 heu­res), le forage de diamants (600 heures), mais aussi la conduite de machines de traitement du minerai (900 heu­res). Depuis 2005, ce dernier programme est offert au sein d’une usine-école unique au mon­de, qui se présente comme une réplique miniature d’une usine de traitement. «Puisque la moindre erreur devient vite très dispendieuse pour les entreprises, nous avons créé cette usine-école dans laquelle nous pouvons simuler des problèmes à résoudre», ex­plique Jean-François Pressé, directeur du centre.

Pour tous ceux qui rêvent de revêtir un jour les habits de mineur, la meilleure école reste en effet le terrain. Avec un ratio partagé entre 75 % de pratique et 25 % de cours théoriques, le programme offert par l’usine-école est axé sur l’apprentissage du travail manuel et sur les formations en santé et sécurité, indispensables pour travailler sous terre. «En apprenant dans un contexte réel, les jeunes ne connaissent pas le fossé qui existe parfois entre l’école et le marché du travail», fait valoir Jean-François Pressé, estimant qu’ils deviendront ainsi plus à l’aise et sauront réagir plus rapidement aux imprévus.

Entreprendre collectivement

Mettre l’élève au cÅ“ur du processus d’apprentissage, c’est la mission de l’École-des-CÅ“urs-Vaillants, à Québec, la première école communautaire entrepreneuriale au pays. Depuis 1999, elle accueille près de 330 enfants de la maternelle à la sixième année. En plus de proposer un service de garde, l’école offre des options sportives et culturelles à la carte, ainsi que des cours axés sur l’entrepreneuriat. «Notre école est un catalyseur communautaire», résume Jean-Sébastien Reid, directeur de l’établissement. M. Reid cite en exemple le lien existant entre les habitants du village et les enfants, qui n’hésitent pas à partager des activités bénévoles.

À travers le programme Sport, art et culture (SAC) Entrepreneuriat, l’École-des-CÅ“urs-Vaillants optimise l’emploi du temps des jeunes en tenant compte de leurs passions. «Nous voulons que les élèves se réalisent et qu’ils se sentent bien à l’école : nous leur proposons donc d’intégrer leurs loisirs dans les horaires réguliers», explique-t-il. Ici, près de 80 % des jeunes choisissent au moins une option à la carte, contre 30 à 40 % des élèves d’une école traditionnelle.

Mais c’est l’entrepreneuriat qui obtient les résultats les plus impressionnants: «Les jeunes ap­prennent à gérer l’une des 15 micro-entreprises qui existent à l’école, à postuler pour un emploi ou à siéger au Conseil des entrepreneurs…» expli­que Jean-François Reid. À l’issue du primaire, ces entrepreneurs en herbe sont capables de faire leur CV, d’identifier leurs forces et de présenter une expérience de travail valable. «Curieusement, ces jeunes-là ne se demandent plus à quoi sert l’école !» ironise le directeur.

Pour une vie d’explorateur
Et si vous appreniez la biologie marine en visitant les plus grands centres océanographiques du monde, ou que vous étudiiez la politique en échangeant avec des dirigeants récemment élus ? Plus qu’une simple école à distance, le bateau-école du programme Class Afloat du West Island College propose un passeport pour la découverte. Avec des formules flexibles réparties sur 6 à 10 mois de voyage par an, le navire-école se promène entre 25 ports d’escale pendant que ses élèves étudient des matières obligatoires et optionnelles tout en apprenant les délices et les devoirs de la vie en mer.

Chaque année, une mission humanitaire de 10 jours au Sénégal est organisée afin que les jeunes «puissent voir ce qu’ils peuvent réaliser avec des moyens limités» dans le domaine de la santé, de l’éducation et des infrastructures. La philosophie de l’école ? «Explorer la faune, la flore, l’histoire et la géographie d’un pays pour mieux comprendre son peuple», ex­plique le site internet de cet établissement privé, dont les programmes sont reconnus par les ministères de l’Éducation du Québec, de la Nouvelle-Écosse et de l’Alberta. Une combinaison idéa­le pour tous ceux qui veulent concilier les études à distance avec leur sens de l’exploration et de l’indépendance.

Portrait de Thomas Landry, ancien élève du programme Class Afloat du West Island College.

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