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Les influenceurs écopent à cause des fêtards de Tulum

De gauche à droite : les créateur.rice.s de contenu Gabrielle Marion, Karine St-Michel et Rémi Desgagné

De gauche à droite: les créateur.trice.s de contenu Gabrielle Marion, Karine St-Michel et Rémi Desgagné.

Le party d’«influenceurs» du vol de Sunwing en direction de Tulum est sur toutes les lèvres et le terme «influenceur» écope pas mal. Plusieurs personnalités du web ont dénoncé ces fêtard.e.s et se sont dites frustrées et gênées d’être associées à eux sous une même appellation. 

«Tellement gênant d’être considéré “influenceur” au Québec en ce moment. RIP à la réputation du métier. Merci à la gang de c** d’irrespectueux de Tulum», a écrit en story l’entrepreneuse et créatrice de contenu la plus suivie au Québec, Élisabeth Rioux. 

«Juste parce qu’une minorité d’influenceurs font des trucs stupides, notre travail est ridicule et inutile?», a demandé à son tour l’ancienne candidate d’Occupation double Karine St-Michel. 

La youtubeuse Gabrielle Marion s’est montrée découragée : «Ça vient tout scrapper le travail des autres influenceurs et créateurs de contenu qui font de l’éducation, qui font un e** de gros travail dans la société, qui font avancer les choses.» 

Même son de cloche du côté de Rémi Desgagné, qui a affirmé: «C’est juste frustrant. Alors que tout ce que les créateurs de contenu essaient de faire, c’est de divertir et d’amener du positif, à cause d’une petite minorité, je suis maintenant gêné de dire que je suis youtubeur et influenceur. » 

Et ils ont été plusieurs autres à tenir un discours similaire. En gros, les influenceur.euse.s sont en colère noire contre… les influenceur.euse.s. Une vague de désolidarisation sans précédent a cours au sein du milieu, du moins envers les passager.ère.s du vol désastreux de Sunwing. 

Tout le monde dans le même panier? 

«Personne ne veut être associé à un scandale comme celui-là », croit Anne-Marie Caron, présidente de l’agence de relation publique Canidé

Elle se désole que la répétition du terme « influenceur » dans les médias en lien avec ce scandale met beaucoup de personnes dans le même bateau (ou le même avion…).  

«Cet amalgame peut créer de la grogne chez ceux qui se sont fait donner ce titre sans le revendiquer et qui le rejettent puisqu’il a maintenant une trop mauvaise connotation.» 

Plusieurs préfèrent depuis quelques années le terme «créateur.trice de contenu». 

Le bassin d’influenceur.euse.s (ou de créateur.trice.s de contenu) est aujourd’hui tellement fragmenté qu’il est normal pour une personne de ne pas vouloir être associée à toutes les autres tant les réalités de plusieurs groupes sont distinctes. 

Risque pour la carrière 

Les risques réputationnels liés aux événements des derniers jours sont bel et bien réels pour toutes les personnes œuvrant dans ce milieu, croit Anne-Marie Caron. 

Beaucoup de créateur.trice.s de contenu, même ceux et celles n’ayant rien à voir avec les événements, vont potentiellement en souffrir.  

«La rémunération des influenceurs vient des collaborations qu’ils et elles font avec des marques ou des entreprises. S’il n’y a pas plus d’acceptabilité sociale à leur endroit, les marques vont faire très attention dans leur choix. Peut-être qu’elles vont retirer des budgets prévus dans le marketing d’influence pour l’année 2022. Pour les influenceurs, ça veut dire moins de revenus potentiels», explique Mme Caron. 

L’indignation est donc double pour ces personnalités du web : elles sont indignées parce que ces fêtard.e.s font preuve d’une totale absence de solidarité en faisant le party pendant que la population québécoise est confinée et parce qu’ils et elles nuisent potentiellement à la carrière de leurs «collègues». 

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