Ahuntsic-Cartierville

Station hivernale controversée à Ahuntsic

La station hivernale est située à l’angle des rues Fleury et Chambord.

À peine aménagée, la station hivernale située dans un stationnement à l’angle des rues Fleury et Chambord, à Ahuntsic, est critiquée. Des citoyens réclament des réponses à l’arrondissement qui a déboursé quelque 35 000$ pour une halte piétonne jugée peu attrayante.

«Banal, moche, non fonctionnel, estime Philippe Dujardin sur les réseaux sociaux. Qui aurait envie de s’arrêter là.» Une autre internaute exprime son «immense déception, surtout en égard du prix».

Une résidente du quartier qui passait devant, Christine, affirme plutôt que c’est joyeux, «mais j’ai encore vu personne s’y asseoir».

Sur papier, le projet semble pourtant être une bonne idée, selon ces citoyens. La station hivernale a pour but d’«encourager la population à visiter les artères commerciales, à acheter local et à découvrir les designers qui font la fierté et la renommée de Montréal», peut-on lire dans un communiqué de l’arrondissement.

En somme, c’est un lieu où il est possible de prendre une pause durant le magasinage.

Coût démesuré?

Fin mai, Design Montréal lançait un appel de projets intitulé «Laboratoires de design COVID-19». Au début du mois de novembre, l’organisme municipal annonçait que le concept de la firme HUMÀ design + architecture, en collaboration avec la firme Îlot 84, remportait le contrat clés en main d’une valeur de 35 000$ pour la conception, la réalisation des travaux et le démantèlement de la station hivernale Ahuntsic-Cartierville.

Ç’a pas dû coûter si cher, ç’a coûté le bois et la main d’œuvre. Peut-être 15000$», estime Sabine, interrogée devant l’installation.

Plusieurs croient que pour quelques planches de bois, des rubans et des lumières, la facture est nettement exagérée.

Du côté de l’arrondissement, on assure que le montant investi correspond au service rendu. «Le travail de recherche et de conception, la visite du site, la réalisation d’esquisses de présentation, la coordination avec les partenaires pour les autorisations, le transport et l’acquisition des matériaux, la main d’œuvre, l’électricité, la signalisation et le suivi de l’état de l’installation pour ce site […] correspondent au budget de 35 000$ alloué pour cette station hivernale», a fait savoir l’administration locale par courriel.

De cette somme, environ 20% ont été versés en honoraires professionnels pour la conception et la coordination du projet, soit 7 000$.

Exposé aux intempéries

Construite de planches de bois d’œuvre ornées de bandes de plastiques colorées et de modestes lumières, l’installation n’offre ni toit ni mur pour se mettre à l’abri des intempéries. Ce choix est pour éviter que la station hivernale ne devienne un lieu de rassemblement. C’est aussi pourquoi le concept ne comporte aucun foyer. «Ils auraient pu mettre un peu de musique, ce serait cute», croit Christine.

«L’installation de toits ou d’abris aurait favorisé davantage les attroupements dans des endroits restreints et, conséquemment, le risque de la propagation du virus», indique l’arrondissement.

L’endroit étroit de 70 mètres carrés peut malgré tout accueillir jusqu’à 16 personnes, en petites bulles familiales.

Pour Olivier venu jeter un coup d’œil, il pense que les citoyens seront plus intéressés à s’y arrêter lorsque la température sera plus clémente, comme au printemps. Mais c’est à ce moment qu’elle devrait être démantelée.

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