Vanessa Limoges Des interdictions ont été émises par Parcs Canada, dimanche et mercredi, pour avertir les citoyens d'éviter tout contact direct avec l'eau du canal.

Kayak, canot et pédalo sont interdits sur le Canal Lachine depuis six jours à cause d’un autre déversement d’eaux usées. Il peut s’en produire jusqu’à dix fois par été selon les deux compagnies qui opèrent aux abords du canal, qui voient leur chiffre d’affaires amputé de plus de 1000$ chaque jour perdu.

«Cet été, c’est déjà la quatrième fois», lance Marc Bartschatt, propriétaire d’Aventures H20, qui fait de la location de rabaska, de kayak et de pédalo sur le canal. «Dès notre ouverture en 2002, Parcs Canada nous avait avisés de l’existence de ces déversements, mais pas du fait qu’ils étaient aussi fréquents», déplore-t-il.

Le phénomène des débordements d’eaux usées survient lorsque de fortes précipitations surchargent le réseau d’égout. Au niveau du Canal Lachine, ces débordements se soldent toujours par des interdictions de naviguer de 72h.

Matt Robert, le propriétaire de 22 Dragons, un club de bateaux dragons, doit composer non seulement avec des pertes de clients et de revenus, mais également avec la frustration des adeptes, privés durant quelques jours de la pratique de leur sport.

«Seulement cette semaine, on perd près de 10 000$. Nous avons aussi annulé des activités corporatives et des levées de fonds, explique M. Robert. Notre but ce n’est même pas de faire des profits, nous sommes des passionnés de bateau dragon, alors ce qui est le plus difficile pour nous, c’est que nos membres n’aient pas pu s’entrainer de la semaine.»

Inaction
M. Robert dénonce depuis plusieurs années l’inaction de la Ville de Montréal, qui promet pourtant depuis plus de dix ans la construction du bassin de rétention Rockfield, à l’entrée du canal, pour enrayer les débordements.

La construction est finalement prévue pour 2017, mais Matt Robert demeure sceptique. «Nous nous sommes fait mentir tellement de fois depuis 2003 que nous allons croire la Ville seulement quand nous allons voir le bassin.»

Le 7 avril, l’administration Coderre dévoilait la liste des principaux travaux de voirie et d’eau pour l’année 2015. Au budget, 14,2 M$ étaient réservés pour le bassin Rockfield. À terme, le projet devrait couter 53,8M$ à Montréal.

La construction du bassin en quatre phases a débuté l’année dernière avec la réhabilitation des sols. L’échéancier est respecté, selon Philippe Rousseau, relationniste pour la Ville de Montréal.

La deuxième phase est prévue le mois prochain. «La mise à niveau de la structure de régulation va débuter en août. Par ailleurs, nous allons aller en appel d’offres l’automne prochain pour la construction comme telle, soit la troisième phase», indique-t-il.

Précisons que la construction du bassin est attendue depuis l’annonce initiale en juin 2010 par l’administration Tremblay. Le département des communications de la ville-centre ne pouvait justifier les raisons des retards accumulés.

Selon les deux propriétaires, les effets de ces nombreuses fermetures seront irréversibles à long terme.

«En temps normal, c’est un magnifique cours d’eau, très propre, on travaille fort pour le maintenir, pour en faire la promotion, mais à force de le fermer, les Montréalais vont avoir l’impression que c’est sale, que c’est pollué», soutient M. Robert.

«Pour le moment, on perd de l’argent, mais les impacts futurs me font encore plus peur», renchérit M. Bartschatt.

Le nombre de rejets d’eaux usées vers le canal de Lachine devrait être limité à une fois aux cinq ans avec le nouveau bassin de 45 000 m³ terminé.

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