Metro/Josie Desmarais Une déclaration commune contre le regroupement des directions du CHU Saint-Justine et du CHUM a été signée par plusieurs parents, accompagnés de l'ex-ministre libérale Marguerite Blais.

De nouvelles voix s’élèvent contre le regroupement de l’administration du CHU Sainte-Justine au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Onze associations de parents ont signé une déclaration commune, en présence de l’ex-ministre Marguerite Blais, réclamant de Québec le retour d’une pleine autonomie pour le centre mère-enfant.

Ce texte de quatre pages, signé jeudi midi, sera transmis au ministre de la Santé Gaétan Barrette et au premier ministre Philippe Couillard. La déclaration expose l’expertise de Sainte-Justine et soutient que le poids du CHUM pourrait défavoriser le développement de la médecine pédiatrique.

Parmi les signataires, la directrice générale de l’Association du Québec pour l’intégration sociale, qui soutient les personnes avec une déficience intellectuelle, s’inquiète de voir le même effet que lors de la réorganisation du système de santé en 2015 qui a mené à la création des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS).

«Quand on a un conseil d’administration qui est très, très gros, il n’a pas nécessairement la même attention par rapport à la façon dont on soigne les enfants. Ce n’est pas soigné des petits adultes. La pédiatrie a des particularités», fait valoir Anik Larose, précisant que les CIUSSS ont entraîné des coupes dans les services.

Dilution

La peur que l’expertise de Sainte-Justine «se noie» dans la médecine générale, a aussi été soulevée.

«Avec, l’alternance entre le secteur adulte et pédiatrique, on va peut-être perdre la défense des intérêts des enfants», mentionne Carolyne Lavoie de Solidarité de parents de personnes handicapées.

De son côté, l’ex-ministre Blais, dont les enfants ont été soignés à l’établissement du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, craint qu’avec le vieillissement de la population, les sommes dédiées aux jeunes patients soient plutôt redirigées pour les soins aux adultes du CHUM.

Conséquences

Pour le moment, les services n’ont pas été affectés par la fusion. «Ce sont les enfants du futur qui vont subir les conséquences», mentionne la présidente du Conseil des médecins, des dentistes et pharmaciens (CMDP), Dre Valérie Lamarre. Sainte-Justine a toutefois perdu certaines activités de laboratoire au profit du CHUM.

Depuis l’automne, le CMDP et des syndicats mènent une campagne sur les réseaux sociaux pour demander au ministre Barrette de revenir sur sa décision. Avant les Fêtes, un convoi de quelque 400 peluches recueillies par le personnel de l’hôpital avait été envoyé à l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale.

Le cabinet du ministre répète quant à lui que le regroupement administratif a été fait pour assurer un continuum de soins entre l’enfance et l’âge adulte, et que cette décision n’empêche pas chacun des établissements d’avoir leur identité propre.

L’Association des pédiatres du Québec a aussi signifié, jeudi, son opposition à la fusion.

Organismes signataires

Association des patients immunodéficients

Association du Québec pour l’intégration sociale

J’me fais une place en garderie

Mouvement PHA

Parents jusqu’au bout

Solidarité de parents de personnes handicapées

Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs

Corporation de l’espoir

L’Étoile de Pacho

PARDI

 

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