Nos élus auraient peut-être avantage à sortir crayon et papier au cours de la prochaine bordée de neige.

Non pas pour calculer leur budget de déneigement, mais pour noter les faiblesses urbanistiques de leur secteur.

La neige agit, en effet, comme un superbe papier calque de dame Nature pour nous révéler en un rien de temps les surfaces asphaltées superflues du domaine public.

Faites le test à la prochaine tempête: prenez le temps d’observer quelques intersections de votre quartier le lendemain ou le surlendemain. Vous remarquerez rapidement que le tapis blanc reste vierge à bien des endroits et ne disparaît qu’avec les opérations de déneigement.

S’il n’y a aucune trace de pneus dans certaines zones enneigées, les automobilistes en ont-ils réellement besoin pour assurer la fluidité de leurs déplacements quoti­diens? N’y a-t-il pas moyen de mieux rentabiliser l’espace public?

Ces questions méritent d’être posées, et c’est exactement ce que font ces jours-ci plusieurs citoyens et organismes nord-américains militant pour une réduction de la place réservée à la voiture en milieu urbain.

Sur Twitter, on n’a qu’à inscrire le mot-clic #sneckdown – contraction des mots snowy (enneigé) et neckdowns (saillie de trottoir) – pour trouver des centaines de photos sur lesquelles des citoyens ont colorié des amas de neige vierge dans les rues de leur quartier. Des zones qui semblent avoir été offertes par défaut à l’automobile, sans grande réflexion urbanistique par les autorités municipales.

Plusieurs y vont même de suggestions pour leurs élus en les interpellant directement sur les médias sociaux. Pourquoi ne pas insérer une saillie de trottoir végétalisée à tel ou tel endroit pour réduire les îlots de chaleur? Avez-vous déjà pensé, M. le maire, à créer une saillie de trottoir à cette intersection précise pour ralentir la circulation et protéger davantage les piétons?

Pour les élus, cette forme de réflexion citoyenne hivernale reste avant tout une excellente façon de garder un œil sur le terrain et permet d’ouvrir rapidement un dialogue avec la communauté.

À Montréal, le sneckdown se fait encore timide sur le web. Nous aurions pourtant avantage à emboîter le pas, surtout à une époque où de plus en plus de Montréalais demandent à être consultés en ce qui concerne le développement de leur quartier.

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