Getty Images/iStockphoto Comme leur cerveau est toujours en développement, les enfants sont particulièrement sujets au mal des transports

Pourquoi certains d’entre nous sont malades en voiture ou en train? Selon le Dr Dean Burnett, neuroscientifique à l’université de Cardiff, c’est parce que notre cerveau croit qu’il a été empoisonné.

Le déplacement d’une voiture, d’un avion, d’un train ou d’un bateau envoie des signaux contradictoires : même si nos muscles sont immobiles, les yeux et les fluides de l’équilibre dans nos oreilles disent au cerveau qu’il est en mouvement.

Pour notre cerveau, «la seule explication logique à ce phénomène est l’empoissonnement, explique le Dr Burnett. Le réflexe de vomir est un moyen de s’en débarrasser».

D’où vient votre intérêt pour le mal des transports?
Je m’intéresse à toutes les façons dont le cerveau humain est trompé ou perturbé par la vie moderne. Étant donné que le monde qui nous entoure est façonné par l’intelligence humaine, le cerveau est techniquement victime de son propre succès. Plusieurs d’entre nous ont une fascination, une admiration même, pour le cerveau. Mais il peut aussi nous nuire, et même nous faire du mal. Je veux m’attaquer à ce mythe, et le mal des transports est une bonne façon de démontrer que le cerveau n’est pas une entité toute-puissante et qu’il peut être trompé.

Pourquoi le mal des transports est-il un phénomène important?
Dans un monde où les transports sont omniprésents, ce mal va devenir un problème encore plus grave. En trouvant les causes et les solutions, on rendra la vie plus facile à beaucoup de gens. Ça nous aide également à mieux comprendre le cerveau sur un plan fondamental. Et les applications concrètes de telles découvertes sont énormes.

«Le cerveau humain n’a pas évolué suffisamment pour comprendre le mouvement artificiel des véhicules.» – Dr Dean Burnett, neuroscientifique vulgarisateur et auteur du livre The Idiot Brain: A Neuroscientist Explains What Your Head Is Really Up To.

Qu’est-ce qui provoque le mal des transports?
La théorie la plus courante, celle qu’on cite le plus souvent, est que le cerveau humain n’a pas évolué suffisamment pour comprendre le mouvement artificiel des véhicules. Les signaux sensoriels ne concordent pas : il n’y a pas d’activité dans les muscles et les membres, pas de repères visuels, mais beaucoup de mouvement ressenti. La partie du cerveau responsable du traitement sensoriel devient confuse et conclut qu’une hallucination est en cours. Pour les parties les plus primitives du cerveau, la seule explication possible à ce phénomène est l’empoisonnement. Le réflexe vomitif est enclenché pour s’en débarrasser.

Expérimente-t-on la même chose dans les voitures autonomes?
En fait, j’ai découvert que les passagers des voitures autonomes sont plus enclins à souffrir du mal des transports, car ils ne sont pas directement impliqués dans la conduite. Je pense qu’ils sont ainsi plus sensibles au décalage sensoriel.

Quelles sont les meilleures façons de combattre le mal des transports?
Il y a plusieurs approchent. Regarder par la fenêtre ou fixer un point à l’horizon permet au cerveau de mieux reconnaître le mouvement et de réduire la fausse perception. Des aliments comme le gingembre s’attaque au mal de ventre, mais ne fait rien pour le cerveau. Pour les cas plus sérieux, il y a une médication qui permet de réduire les signaux sensoriels. La plupart des gens parviennent à se débarrasser de ce problème. Les enfants sont plus susceptibles d’en souffrir, car leur cerveau est en train de se développer.

Six trucs pour lutter contre le mal des transports

  • Regardez l’horizon, plutôt que de lire ou de regarder le paysage qui défile.
  • Ne partez pas l’estomac vide, mais évitez les repas lourds, riches en gras et en sel.
  • Restez hydraté et évitez l’alcool.
  • Choisissez votre place avec soin. En avion ou en bateau, les places les plus stables se trouvent au milieu. En voiture, il vaut mieux s’asseoir à l’avant.
  • Lorsque c’est possible, prenez un bon bol d’air (à éviter en avion!).
  • Restez calme! Respirez à un rythme normal et demeurez détendu, en écoutant de la musique par exemple. métro

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