Nous sommes en août, et la maladie de Lyme prépare sa saison… 2018.

À l’heure qu’il est en effet, à travers l’Amérique du Nord et l’Europe, une nouvelle génération de ces tiques noires dont les humains craignent qu’elles ne leur transmettent la maladie, est en train d’éclore. Mais contrairement à ce que l’attention des humains pourrait suggérer, nous ne sommes pas les premières cibles. La tique nouvellement née s’intéresse d’abord et avant tout aux petits mammifères, en particulier les souris. Et c’est après avoir ramassé dans le sang des souris la bactérie responsable de la maladie de Lyme — entre autres — que les tiques nous la transmettront peut-être l’année suivante.

Si le cycle est bien connu des biologistes, ils sont à présent quelques-uns à affirmer que la maladie de Lyme ferait moins peur… si les souris avaient plus de prédateurs. C’est le cas du moins aux Pays-Bas, où une équipe de chercheurs associe la disparition des renards dans certaines régions avec la prolifération de souris infectées dans ces mêmes régions. Autrement dit, là où il y a davantage de renards, les souris infectées sont moins nombreuses, et les tiques se tournent vers d’autres hôtes.

Détail: les souris ne sont pas moins nombreuses dans ces régions riches en renards. Elles ont seulement appris à éviter le prédateur, et du coup, les tiques trouvent moins d’opportunités pour s’accrocher aux souris.

Or, l’avantage pour les humains, c’est que la bactérie responsable de la maladie de Lyme (et quelques autres que transmet la tique) ne se trouve que chez les souris, pas chez les animaux qui deviendront alors les nouvelles cibles de la tique: d’autres petits mammifères, ou des oiseaux.

Les biologistes Tim R. Hofmeester et ses collègues de l’Université Wageningen, aux Pays-Bas, décrivent dans l’édition du 26 juillet de Proceedings of the Royal Society B avoir suivi pendant deux ans, au moyen de caméras, l’évolution des populations de souris, de renards et de fouines (un autre prédateur de la souris) dans 20 parcelles de terrain de la campagne néerlandaise. Ils ont aussi capturé des centaines de souris pendant cette période, compté les tiques qui les accompagnaient, et vérifié la présence de trois bactéries, dont celle responsable de la maladie de Lyme. Dans les parcelles occupées par le plus grand nombre de prédateurs, la proportion de souris infectées n’était que de 10 à 20% celle des parcelles avec peu de prédateurs.

 

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