C’est la fin. Julien Lacroix met fin à sa carrière d’humoriste, après que Juste pour rire ait mis fin abruptement à un partenariat critiqué de toutes parts.

M. Lacroix en a fait l’annonce sur sa page Facebook mercredi. Du même coup, il se retire de son rôle de porte-parole des centre Le Grand Chemin.

L’ex-humoriste tentait un retour en humour depuis plusieurs années. Il s’était retiré des projecteurs en 2020 après la publication d’une enquête concernant des allégations de nature sexuelle le visant. Depuis, il avait entamé une nouvelle tournée. Le 12 mars, Juste pour rire annonçait avoir signé un partenariat avec Julien Lacroix pour devenir le promoteur de son spectacle.

Ce partenariat a été fustigé de toutes part, notamment par d’autres humoristes. Juste pour rire a tout annulé le lendemain.

Ce revers aurait convaincu Julien Lacroix de mettre un terme à sa carrière.

«Ces dernières années, j’ai effectué un retour progressif, le plus respectueux possible. Le public a répondu présent plus de 40 000 fois dans plusieurs salles du Québec. Aujourd’hui, plusieurs de ces salles doivent plier sous la pression. Il ne m’est juste plus possible d’exercer mon métier», écrit-il.

Victime «d’amalgames»

Dans son message, M. Lacroix s’en prend aux «débordements» et aux «amalgames» dont il se dit victime.

«Le portrait qu’on a dressé de moi est faux. Et il est devenu trop lourd à porter. Je le répète clairement, pour ceux qui doutent encore: je n’ai violé personne. Je ne suis pas un prédateur.»

M. Lacroix rappelle qu’il a fait l’objet d’une série de reportages et d’un balado de La Presse et Cogeco qui ont tenté de réhabiliter son image. Dans cette série, son ex-conjointe affirme qu’elle s’est réconciliée avec lui et qu’elle ne souhaite pas qu’il soit dépeint comme un violeur.

Elle ne remet toutefois pas en question l’agression sexuelle qu’elle a décrite dans l’enquête initiale du Devoir.

Cogeco et La Presse ont d’ailleurs été blâmés par le Conseil de presse du Québec pour cette série. Le balado n’est plus disponible sur les plateformes de Cogeco.

La fin de carrière, «une évidence»

Jointe par téléphone, l’humoriste Emna Achour estime que Julien Lacroix a pris la décision qui s’imposait.

«Pour moi, c’était une évidence que son retour devant le public n’allait pas fonctionner alors que le travail d’introspection n’avait absolument pas été fait», dit-elle.

Mme Achour souligne que Lacroix continue de nier la gravité des faits et son niveau de responsabilité en disait qu’il «n’a violé personne» et que les gestes reprochés avaient lieu «dans des bars» et «quand [il] était au secondaire».

«Il répète qu’il n’y a eu aucune plainte et aucune accusation criminelle contre lui, alors qu’on sait très bien que l’absence de plainte ne veut absolument pas dire qu’il n’y a pas eu une accusation. Le fait qu’il répète ça six ans plus tard, ça témoigne d’un chemin qui n’a pas été fait.»

«Sa meilleure blague»

Coralie Laperrière, également humoriste et coanimatrice du balado Farouches avec Mme Achour, doute de la sincérité de Julien Lacroix.

«C’est sa meilleure blague. Je ne sais pas s’il va vraiment mettre fin à sa carrière. Il a dit la même chose en 2020 et on a finit par le revoir un an plus tard», dit-elle.

Mme Laperrière compare la décision de Julien Lacroix à une crise d’enfant.

«Moi, j’ai une carrière à temps plein sans faire affaire avec une grosse boîte comme Juste pour rire. C’est la preuve qu’il ne veut pas vraiment être humoriste. Ce qu’il veut, c’est la popularité et l’argent et le pouvoir qui vient avec les grosses boîtes.»

Le ton de la publication est, selon elle, la preuve qu’il ne mérite pas l’attention offerte par un tel partenariat.

«C’est la preuve pour moi qu’il n’a pas fait ses devoirs. Qu’il n’a pas travaillé sur lui-même. C’est la preuve qu’il ne mérite pas l’attention et la visibilité que le métier d’humoriste peut lui donner.»

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