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Manifestation en soutien aux grévistes au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Plus de 100 militants se sont rassemblés devant l'entrée du cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Photo: Gracieuseté de la CSN/Dominic Morissette

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés aujourd’hui à l’entrée du cimetière Notre-Dame-des-Neiges pour soutenir les employés de bureau, qui ont déclenché une grève générale de 30 jours le 20 septembre dernier.

Les grévistes sont ravis de l’ampleur du rassemblement, les cols bleus du cimetière et des membres d’autres syndicats étant venus afficher leur appui. «Ça fait du bien de savoir que la solidarité n’est pas seulement théorique, qu’elle s’applique», se réjouit le président du syndicat, Éric Dufault.

«Même si on est un petit syndicat, on sent qu’on n’est pas tout seul là-dedans», ajoute Nicolas, un employé en grève.

«On est traité comme des dépenses»

«Ce qui nous a fait sortir […], c’est l’obligation de servir des familles [endeuillées] dans des conditions de travail qui sont toxiques», explique Éric Dufault, décriant le manque chronique de main-d’œuvre au cimetière.

Chantal, employée depuis 13 ans, reçoit les requêtes et les plaintes au cimetière. Elle dénonce le manque de ressources et de support de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, qui gère le cimetière. Chantal estime faire seule le travail que trois personnes devraient faire. Des difficultés qui «l’empêchent de servir les familles comme elle veut».

«On doit nous donner les outils nécessaires pour pouvoir faire notre travail convenablement», s’indigne-t-elle.

«L’objectif, c’est de réduire les dépenses, donc on réduit les effectifs», indique Éric Dufault à propos de la vision de l’employeur, qui traiterait ses employés comme une «dépense».

 Des négociations qui ne débloquent pas

Les parties ont tenu une séance de négociation le 30 septembre, la première depuis le déclenchement de la grève. L’employeur y a présenté pour la première fois son offre monétaire.

Rappelons que le refus jusqu’à ce moment de l’employeur d’aborder les questions pécuniaires était la goutte qui a fait déborder le vase pour le syndicat.

Ce qui est mis de l’avant est toutefois jugé nettement insuffisant par Éric Dufault, qui qualifie l’offre de «miettes».

«On a compris pourquoi [l’employeur] ne présentait pas [son offre]. […] Ça ne couvre même pas l’inflation pour l’année 2022, et c’est échelonné sur 9 ans», dénonce le président du syndicat.

On est pauvre, puis on va rester pauvre

Chantal, une employée de bureau du cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Éric Dufault craint que la disparité des conditions de travail entre le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges et les autres cimetières montréalais cause un exode des employés. «Tout le monde ici va s’en aller», laisse-t-il tomber.

Le délégué syndical est peu optimiste quant à la possibilité que les parties parviennent rapidement à une entente. Le mandat de grève initial de 30 jours risque de se transformer en grève illimitée, selon lui.

La Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal réitère sa position telle qu’initialement exprimée à Métro au déclenchement de la grève.

« Nous souhaitons conclure une entente avec le syndicat représentant nos employés de bureau le plus rapidement possible […] nous souhaitons continuer à offrir à nos employés des conditions avantageuses tout en respectant la capacité de payer de nos clients. », déclare l’organisme par courriel.

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