Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

Des organismes de Pointe-aux-Trembles s’inspirent de l’Italie 

L’ensemble des participants de la mission.
L’ensemble des participants de la mission. Photo: Gracieuseté, Jonathan Roy

Jonathan Roy, représentant de la Corporation Mainbourg, a été grandement inspiré lors d’une mission à Milan, en Italie. Il faisait partie de la quinzaine de Québécois qui y ont étudié le modèle italien de coconstruction des politiques publiques en relation avec l’économie sociale.

Quelques semaines après son retour d’Europe, Jonathan Roy est toujours enthousiasmé par les échanges qu’il a eus avec des représentants de coopératives, des chercheurs et des élus italiens.

«C’est très stimulant, de partager des expériences et de questionner notre modèle et nos façons de faire», soutient l’administrateur de la Corporation Mainbourg, une entreprise pointelière d’économie sociale spécialisée dans le développement immobilier communautaire.

La mission a réuni une quinzaine de Québécois à Milan, du 8 au 13 mai, dont l’organisme pointelier Les ateliers 4 saisons.

Il s’agissait d’une seconde mission en Italie organisée par Jean-Pierre Girard, enseignant et consultant international en entrepreneuriat collectif. Un premier voyage avait été organisé en 2019 afin d’explorer le modèle des coopératives sociales et consortiums italiens.

Un modèle «avant-gardiste»

M. Girard explique que l’objectif du voyage était entre autres d’aborder l’approche très «avant-gardiste» de l’Italie. Depuis plusieurs années, les municipalités des régions seraient incitées à agir en partenariat avec les secteurs d’économie sociale et solidaire, explique-t-il.

Concrètement, cette approche vise à définir de façon collaborative les politiques publiques qui auront des impacts sur les organisations d’économie sociale. On encourage aussi des ententes de gré à gré pour l’octroi des contrats, plutôt que de procéder par appels d’offres.

«Si on sait que trois ou quatre organismes communautaires peuvent intervenir auprès des personnes âgées, on va les asseoir et essayer de définir ensemble quelle est la meilleure façon de répondre à leurs besoins. Ensuite, on va s’entendre de gré à gré pour leur donner un contrat», donne-t-il à titre d’exemple.

L’hypothèse derrière cette approche est que les organismes communautaires ou d’économie sociale connaissent bien leur milieu. «Comme ils n’ont pas pour objectif de faire de l’argent», ils devraient travailler avec les autorités publiques pour répondre aux besoins des citoyens, explique-t-il.

Implanter ce modèle au Québec?

Jonathan Roy concède que la Corporation Mainbourg n’a pas nécessairement l’ambition de «changer complètement le modèle politique au Québec».

Or, les apprentissages de la mission permettront à son avis de «raffiner la présentation des projets à la Corporation, d’être plus stratégique».

«Ça nous permet de raffiner comment on valorise la plus-value de notre modèle de gouvernance. Par exemple, à la Corporation Mainbourg, qu’est-ce que ça assure de travailler avec nous, plutôt qu’avec un propriétaire privé?»

M. Girard croit pour sa part que le modèle italien gagnerait à être implanté au Québec, où l’on procède beaucoup par appels d’offres publics.

Conséquemment, on donnerait souvent «le contrat à celui qui coûte le moins cher», sans se préoccuper de savoir «si c’est une entreprise d’économie sociale, un groupe communautaire», ou de la qualité, déplore-t-il.

À cet effet, il fait d’ailleurs un parallèle avec les conclusions du rapport sur les décès survenus dans les résidences pour aînés en début de pandémie. La coroner Géhane Kamel y prône notamment la fin des résidences privées non conventionnées, afin d’assurer la qualité des soins.

«Les idées qu’on partage ne sont pas sorties de nulle part. Il y a vraiment des besoins pour améliorer nos politiques au Québec», conclut M. Girard.

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