C’est officiel: la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, lance un audit du réseau de pistes cyclables. Elle commencera par quatre grandes pistes cyclables existantes. Des projets à venir seront aussi revus.
La mairesse affirme que les pistes cyclables sont importantes, mais que la voie publique doit être sécuritaire pour tous les usagers. Elle dit avoir rencontré les arrondissements, les services publics et les usagers.
Les pistes cyclables qui seront auditées sont celles sur les artères suivantes:
- Rue Meilleur (Ahuntsic-Cartierville)
- Rue Rachel (Plateau)
- Chemin de la Côte-Sainte-Catherine (Outremont)
- Rue de la Commune (Ville-Marie)
- Rue Hochelaga (Mercier–Hochelaga-Maisonneuve – EN PLANIFICATION)
- Boulevard Gouin (Ahuntsic-Cartierville – EN PLANIFICATION)
- Boulevard Henri-Bourassa (Ahuntsic-Cartierville – EN PLANIFICATION)
L’audit bénéficie d’un budget de 1 M$. Les travaux s’étireront jusqu’à la fin de l’été, puisque l’administration veut avoir les données de la période la plus achalandée. Les résultats de l’audit seront dévoilés vers la fin de l’année.
Mme Martinez Ferrada affirme que son administration n’est «pas en mode démantèlement». Elle ne s’est toutefois pas prononcée sur l’avenir des pistes incluses dans l’audit.
Une question qui monopolise les conseils d’arrondissement
L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a déjà fait connaître son intention de revoir les plans pour les tronçons de la rue Hochelaga qui n’ont pas encore été réaménagés. La mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Maude Théroux-Séguin a aussi émis des doutes sur l’avenir du Réseau express vélo (REV) prévu sur le boulevard Henri-Bourrassa et la piste sur la rue Meilleur, dans le District Central.
Mme Théroux-Séguin a d’ailleurs affirmé que 85% des questions qu’elle reçoit en conseil d’arrondissement concernent le réaménagement du boulevard Henri-Bourrassa.
«Les autos percollent dans les rues résidentielles. Les gens ne peuvent plus circuler de façon normale. On a une pétition des résidents de la rue Tanguay. […] Ça a un impact sur la vie des gens et ça ne s’estompe pas», dit-elle.
Au cours des derniers mois, des questions sur les pistes cyclables ont aussi été apportées aux conseils d’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, d’Outremont et de Ville-Marie, entre autres.
L’Opposition sur ses gardes
Du côté de l’Opposition officielle, Projet Montréal émet certaines craintes.
«Vous comprendrez qu’on a peur de reculs par rapport à certaines pistes cyclables», lance la cheffe par intérim du parti, Ericka Alneus.
«On se doute bien que pour certaines pistes cyclables, on va probablement se rendre compte qu’il faut plus de fluidité pour les cyclistes. Donc avec l’aménagement que ça va demander, est-ce qu’on va être prêt à agrandir ces pistes cyclables?», demande-t-elle.
Son collègue Christopher McCray déplore qu’aucune analyse de la sécurité des routes n’ayant pas de pistes cyclables ne soit dans les cartons.
«Pendant qu’on s’occupe des pistes cyclables, on ne porte pas attention aux rues qui sont réellement dangereuses, c’est-à-dire les rues où il n’y a pas cyclable. Là où les gens meurent aujourd’hui, c’est sur les artères comme l’avenue du Parc, comme Sherbrooke, où il n’y a pas de piste en ce moment.»