Rencontre Poutine-Obama sur fond de manoeuvres militaires russes en Syrie
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Barack Obama se sont enfin rencontrés hier, lundi, pour la première fois en marge du sommet du G20 à Los Cabos au Mexique. Bien que les deux leaders affirment avoir trouvé un terrain d’entente sur plusieurs dossiers controversés, une photo, prise tout de suite après leur rencontre de deux heures, révèle les tensions qui persistent entre les deux puissances. Sur la photo, on peut voir les deux leaders assis l’un à côté de l’autre et regardant chacun de son côté dans le vide devant lui, s’ignorant royalement.
On apprendra par la suite que parallèlement à la rencontre de Los Cabos, l’armée russe préparait son plus important déploiement en Syrie avec deux navires de guerre transportant chacun 300 marines et une dizaine de chars. Moscou craint de perdre un allié géostratégique clé avec la Syrie et ses bases navales en Méditerranée, si Assad est renversé et remplacé par un régime moins favorable à ses vues. En prenant l’exemple des ratés en Égypte et en Libye, Poutine a tenté de faire valoir que les puissances occidentales n’avaient pas de réel plan en place pour assurer une transition politique en Syrie.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Obama et Poutine ont quand même indiqué être parvenu à un accord sur la nécessité d’un «processus politique» en Syrie pour éviter une guerre civile. «Nous avons eu des discussions substantielles et sérieuses», ont-ils assuré.
Les deux dirigeants ont aussi affiché leur convergence de vues sur le sujet sensible du programme nucléaire iranien, alors que se déroulaient à Moscou des négociations difficiles entre les grandes puissances du Groupe des «5+1» (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, plus l’Allemagne). «Nous sommes convenus que l’Iran doit entreprendre des efforts sérieux pour rétablir la confiance dans le monde sur la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire. À cet effet, Téhéran doit se conformer pleinement à ses obligations», indique leur communiqué commun.
Bien que le président Barack Obama a beaucoup fait tout au long de son mandat pour tenter de raccommoder les relations tendues entre la Russie et les États-Unis avec l’aide du prédécesseur de Poutine, Dimitri Mdevedev, plusieurs incidents récents ont ranimé les vieilles tensions. Le bouclier antimissile que les États-Unis cherchent à installer en Europe, la loi sur la suspension des visas et le gel des avoirs d’officiels russes soupçonnés de violation de droits humains ou la réaction du département d’État sur les manifestations qui ont accueilli l’inauguration du président Poutine sont autant de différends qui persistent.