Un amour toxique

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
La ligne entre la passion et la jalousie est parfois très mince. Les parents de la victime, Marlène et Mourad, l’ont appris à leurs dépens.

Si au départ Jonathan Mahautière, le présumé meurtrier de l’adolescente assassinée au motel Le Chablis, projetait l’image d’un garçon « poli », « réservé » et « timide », celui-ci est rapidement devenu envahissant.

« C’était son premier amour, elle était aux anges. Il semblait tranquille et poli; c’est pour ça qu’on l’a laissé entrer chez nous », explique Mourad, le beau-père de la défunte, faisant valoir que le jeune homme prenait part aux différentes activités familiales (repas, fêtes, vacances, camping).

« C’est après un an que ça s’est gâté. Il a commencé à appeler souvent. Il pouvait le faire 10 fois pendant qu’on était en train de souper, jusqu’à ce qu’on réponde. C’en était harcelant », continue Marlène.

Même chose lorsque l’adolescente étudie ou sort avec ses sœurs et ses amies. Si bien, qu’un jour, elle demande à sa mère d’intervenir.

« Au début, je percevais ça comme une amourette; deux jeunes qui ne se lâchent pas. Mais à la fin, ce n’était plus ça. Je voyais que ç’allait moins bien entre eux. J’ai donc appelé Jonathan et je lui ai dit que ma fille avait besoin d’espace. Elle ne voulait pas nécessairement le laisser, elle souhaitait simplement prendre ses distances et laisser aller les choses.

« Après le décès, Chloé [la jumelle de la victime] m’a confié qu’il y a eu un atelier de sensibilisation à l’école sur la violence conjugale. Sa soeur a pris un dépliant que distribuaient les policiers et ensemble, elles ont évalué sa relation avec Jonathan. Elles avaient coché tous les énoncés… », laisse savoir Marlène.

PAFS!

Le cas de l’adolescente n’est pas sans rappeler l’importance de la prévention auprès des jeunes filles.

Depuis 12 ans, la maison des jeunes MAGI de Mercier-Ouest offre le projet Prévention action filles en sécurité (PAFS!) aux adolescentes.

Durant 12 semaines, une animatrice offre des ateliers où les participantes sont invitées à discuter d’hypersexualisation, d’estime de soi, d’estime corporelle, de relations amoureuses saines, de violence et plus encore.

« Nous démystifions plusieurs mythes et préjugés au cours des rencontres. Nous les outillons pour qu’ensuite elles puissent faire des choix sains. Les ateliers sont des moments privilégiés pour les participantes. Elles peuvent s’exprimer librement. Malgré les années, le projet est toujours autant d’actualité », estime Stéphanie Boucher, intervenante à MAGI et animatrice du projet PAFS!

Le programme est d’ailleurs bien apprécié des participantes et la demande est forte. Cette année, près de 70 élèves de l’école secondaire Marguerite-De Lajemmerais se sont inscrites pour y prendre part et une quinzaine d’entre elles ont été choisies.

« Il n’y aura jamais assez de prévention, mais en raison des ressources financières dont nous disposons, nous devons limiter les inscriptions. Nous organisons deux cohortes chaque année pour rejoindre le plus d’adolescentes possible, car nous croyons beaucoup au projet », explique Denis Tremblay, directeur de la maison des jeunes MAGI.

M. Tremblay ne cache pas qu’il aimerait bien pouvoir augmenter la cadence, mais tout est une question de financement. En matière de prévention, il est difficile de déterminer avec certitude le nombre de situations qui ont pu être désamorcées avant qu’un drame ne se produise.

Le directeur de MAGI est toutefois convaincu, comme le dit le dicton, qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Mobilisation contre la violence amoureuse

« Le 16 juillet, Jonathan va repasser en cour. J’aimerais qu’on ne me laisse pas tomber, que les adolescentes et les femmes se mobilisent pour rendre hommage à ma fille », indique-t-elle, invitant celles qui voudraient prendre part à l’événement à communiquer avec elle au marylou995@hotmail.com.

 

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