Construction d’une quarantaine de condos
Le lot convoité pour la construction de cette habitation, d’une superficie totale de 2231 m2 et d’une hauteur de 14 m, est situé au 7070, rue Bombardier, où se trouve actuellement une portion du stationnement réservé aux occupants du bâtiment voisin, le 7100. Pour permettre la réalisation de ce projet, une nouvelle aire de stationnement sera aménagée à l’arrière du bâtiment existant.
La nouvelle tour à condos projetée comportera huit logements de trois pièces, 31 de quatre pièces et une de cinq pièces. Le promoteur envisage également de construire un stationnement intérieur de 40 places. Huit espaces de stationnement extérieur seront également aménagés.
Selon le directeur de l’arrondissement, Jacques Rioux, le promoteur n’a pas manifesté l’intention d’inclure du logement social à son projet et n’a pas encore déposé sa demande de permis.
Du logement social avec ça?
Alors que de nouveaux projets de condos voient le jour à Anjou, l’offre de logements sociaux et communautaires, elle, demeure limitée.
Selon le « Profil statistique en habitation de l’arrondissement d’Anjou », publié en mai 2009 par la Direction de l’habitation de la Ville de Montréal, on compte 538 unités de logements sociaux et communautaires sur le territoire angevin, soit 331 unités en habitation à loyer modique (HLM), 135 unités régies par une organisation sans but lucratif (OSBL), et 72 unités en coopérative de logement. Ceux-ci représentent 2,8 % de tous les logements occupés en 2006 et 5,1% des logements locatifs. En comparaison, ces taux pour la Ville de Montréal se situent à 7,1 % et 10,8 % respectivement.
Le logement social vise à faciliter l’accès à des logements abordables de qualité aux personnes moins fortunées.
À Anjou, les revenus médians des ménages propriétaires (62 997 $) sont supérieurs à ceux des ménages locataires (34 299 $), peut-on lire dans le document de la Direction de l’habitation. Les couples avec enfants ont le revenu médian le plus élevé de l’arrondissement (62 219 $) tandis que les personnes seules ont le plus bas (27 673 $). Près de 69 % des personnes vivant seules sont locataires.
Afin de favoriser la création de logements sociaux, la Ville de Montréal a adopté, en 2005, sa « Stratégie d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels ». Elle incite les promoteurs à consacrer 15 % des nouvelles habitations construites dans des projets de 200 unités et plus au logement social et un autre 15 % aux logements abordables.
Du côté d’Anjou, M. Rioux assure que l’arrondissement est préoccupé par la création de logement social.
« C’est évident que ça nous préoccupe. Le problème c’est que le territoire est presque tout développé. Il n’y a pas d’espace pour construire de nouveaux bâtiments, contrairement à Saint-Léonard ou à Mercier avec son faubourg Contrecoeur », fait-il valoir.
Afin de surmonter cet obstacle, certains arrondissements se sont dotés de politiques plus strictes. Pour sa part, Saint-Léonard prévoit la création de 15 % de logements sociaux et de 15 % de logements abordables pour chaque projet de 100 unités.
L’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, quant à lui, travaille présentement à la mise sur pied d’une politique visant à favoriser la création d’unités de logement social dans les nouvelles constructions. Désormais, les différents projets immobiliers seront compilés dans un registre, de sorte que le nombre d’unités d’habitation créées par un même promoteur soit cumulatif. De cette manière, ceux-ci ne pourront plus se soustraire à la « Stratégie d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels » en privilégiant des projets dont le nombre d’unités est inférieur à celui prescrit par la politique.
« Le registre va compiler les différents projets d’un promoteur. S’il y a 12 condos à une place, 56 ailleurs et 32 à une troisième place, on va les additionner. Le registre va servir d’instrument de mesure des projets résidentiels et les promoteurs vont être avisés que le compteur tourne. Ça va nous permettre d’équilibrer les choses. Les grands terrains pour faire de grands projets sont de plus en plus rares », avance Laurent Blanchard, conseiller de la Ville du district d’Hochelaga.
Questionné sur l’éventualité d’adopter une telle politique à Anjou, M. Rioux ne ferme pas complètement la porte.
« Il faudra voir », conclut-il.