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Passchendaele, l'amour sous les bombes

Caroline Dhaver­nas et Paul Gross frissonnent. Perdus sur une terre agricole quelque part en Alberta, les deux comédiens peinent à se réchauffer. Les pluies arti­ficielles qui tombent sans relâche – combinées à des températures flirtant avec le point de congélation – y sont peut-être pour quelque chose. Parlez-en aux quatre acteurs qui ont dû être transportés à l’hôpital, souffrant d’hypothermie.

S’ajoutent à cela les conditions marécageuses d’un champ de bataille, résultat du déversement quotidien de 22 citernes de 3 000 barils d’eau sur le plateau. Et quand la fatigue s’en mêle, le bruit des quelque 60 000 fausses balles utilisées au cours du tournage est plutôt difficile à
supporter.

Pourtant, on n’entend aucun soupir d’exaspération. Pas le moindre signe de découragement.

«C’est dur de te plaindre quand tu recrées l’histoire de gens qui étaient là pour vrai, dit Caroline Dhavernas. Des gens qui se faisaient bombarder jour et nuit, et qui ne retournaient pas à l’hôtel le soir. Des gens à qui on ne donnait pas de manteau entre les prises pour qu’ils puissent se garder au chaud. C’est dur de te plaindre dans ce temps-là.»

Dans Passchendaele (en français, La bataille de Pass­chen­daele), la comédienne québécoise incarne Sarah Mann, une infirmière dont le rôle consiste à soigner les  soldats au cours de la Première Guerre mondiale.

Depuis la mort de son père durant la bataille de la crête de Vimy, la jeune femme doit élever seule son frère cadet. Dans un hôpital de Calgary, elle fait la rencontre du sergent Michael Dunne (Paul Gross), qui se rétablit péniblement après avoir été blessé au cours d’une escarmouche avec l’ennemi. On recommande à ce dernier, que les médecins jugent neurasthénique, de rester au Canada. Une idylle naît entre les deux personnages. Une histoire d’amour que la guerre viendra bouleverser.

«Je voulais raconter une histoire et tenter de répondre à certaines questions, indique Paul Gross, qui signe la réalisation et le scénario du film. Qu’est-ce qui arrive à l’amour en temps de guerre? Qui sont les véritables victimes de la guerre? Comment peut-on savoir où on va si on ne sait pas d’où on vient? Parce qu’avec les années, je sens que notre histoire nous glisse entre les mains. On oublie le passé. Et ce film nous le ramène en plein visage.»

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