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Sugar: Baseball et immigration

Sugar, le dernier film des cinéastes Ryan Fleck et Anna Boden (Half Nelson), raconte l’histoire d’un jeune Dominicain appelé Sugar qui s’installe aux États-Unis pour jouer au baseball professionnel. Mais ce dernier s’aperçoit rapidement que son rêve est pratiquement irréalisable. Métro a rencontré le duo de réalisateurs.

Tout de suite, Ryan Fleck fait observer : « Faire un film sur le baseball ne nous intéressait pas; toutefois, les éléments composant l’expérience de l’immigration et la découverte d’une nouvelle façon de raconter cette expérience nous attiraient.»

Comme ce film s’aventure en terrain inconnu, le duo de scénaristes-réalisateurs a effectué beaucoup de recher­ches pour s’assurer de la fidélité du récit. «Nous avons rencontré des centaines de joueurs», précise Ryan Fleck.

«Le scénario s’inspire d’expériences couramment vé­cues par ces joueurs», poursuit Anna Boden.

Le rêve déçu de Sugar apporte une nouvelle dimension tragique aux films de sport, et Sugar compte parmi les longs métrages les plus terriblement justes jamais produits sur l’immigration aux États-Unis.

Acteur non professionnel

Algenis Perez Soto, la vedette du film, n’est pas un acteur professionnel. Le duo l’a découvert en République dominicaine, comme le relate Ryan Fleck : «Après avoir rencontré environ 500 personnes, nous avons vu Algenis jouer au baseball avec des amis. Nous nous sommes dits  qu’il avait une essence et une présence exceptionnelles qui nous faisaient vraiment vibrer.»

Il ajoute ensuite qu’Alge­nis Perez Soto était l’une des seules personnes capables de jouer subtilement lors des auditions. «En général, les Domi­nicains regardent des films d’action et des comédies grand public, alors la plupart des personnes que nous avons rencontrées avaient tendance à en mettre plein la vue et à exagérer leur jeu.»

Ryan Fleck et Anna Boden ont réussi leur pari : Algenis Perez Soto a offert une performance stupéfiante. La décision de trouver quel­qu’un pour qui l’intrigue était une expérience vécue a accru le réalisme du film. C’est ce qui fait la force d’Anna Boden et de Ryan Fleck comme réalisateurs.

«Il y a deux types de cinéastes, soutient Anna Boden. Le type qui construit tout dans son univers, et l’autre, qui s’intéresse à la manière dont le vrai monde interagit avec le film. Selon moi, le fait que la réalité se mêle à la fiction dans nos films vient de notre expérience à titre de documentaristes. Travailler cet aspect fait partie de notre passion pour le cinéma.»

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