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Milow: Créer sa propre chance

Marc-André Lemieux - Métro

Faut le faire! Quand Milow a décidé de reprendre Ayo Technology, en 2008, il était loin de se douter que sa relecture de la pièce de 50 Cent allait récolter plus de succès que l’original. Et quand on sait que la première version du morceau comptait sur la collaboration de Timbaland et de Justin Timberlake, deux grosses pointures de la pop américaine, le tour de force du jeune Belge de 28 ans paraît d’autant plus incroyable… voire même carrément effronté!

«Je l’ai fait avant tout pour m’amuser, dit Milow en entrevue. Je préparais un concert et je cherchais quelque chose de spécial pour le rappel, je voulais que les gens puissent rire un peu. Et puis, je me suis souvenu de ce vidéoclip que j’avais vu à la télé quelques semaines plus tôt. Je savais que ça parlait de sexe et de pornographie sur le web, et que c’était du hip-hop. C’était parfait parce que ça ne pouvait pas être plus à l’opposé de ma musique! J’ai donc pris ma guitare et, 40 minutes plus tard, tout était fini.»

Grâce à Ayo Technology, Milow s’est hissé jusqu’au sommet des palmarès européens, un exploit qu’il n’avait pas réussi à réaliser avec ses deux premiers albums. Au Québec, c’est la même histoire. Son tube tourne en boucle à la radio et son concert de ce soir à L’Astral affichait complet trois jours seulement après la mise en vente des billets.

Tabula rasa
La petite histoire de Milow a véritablement commencé en 2003. Cette année-là, le jeune musicien a décidé de faire table rase de son passé dans divers groupes rock sans envergure en jetant aux poubelles toutes les chansons qu’il avait écrites jusque-là. C’est aussi à cette époque que l’auteur-compositeur a abandonné le nom de Jonathan Van­den­broeck pour adopter celui de Milow. «Je voulais repartir à zéro», explique-t-il.

Après s’être buté le nez contre la porte de plusieurs maisons de disques, le chanteur a pris les rennes de sa carrière en créant son propre label. L’idée d’avoir le contrôle sur sa destinée plaisait bien à Milow. «Je crois que c’est une des raisons pour lesquelles je suis ici aujourd’hui, dit-il. J’ai toujours fait mes choix en fonction de la musique et non pour l’argent ou des trucs comme ça. J’essaie de garder les choses simples. Chaque interview et chaque apparition à la télé, je la fais parce que je le veux et non parce que quelqu’un me dit de la faire.»

Pas un hasard
Pour plusieurs, le succès de Milow tient davantage de la chance que du travail. Le principal intéressé n’est pas de cet avis. Ayo Techno­logy n’est peut-être pas une de ses compositions, mais il demeure le seul artisan de sa réussite. «J’entends souvent les gens dire: « Oh, mais c’est une reprise… » raconte-t-il. Ils oublient que j’ai changé la structure de la chanson, que j’ai trouvé une nouvelle mélodie aux couplets et que ma version ne ressemble en rien à l’original.»

«J’ai toujours employé l’internet pour diffuser ma musique : Facebook, You­Tube et MySpace, poursuit-il. Quand j’ai vu que ma version acoustique de Ayo Technology suscitait des réactions aussi vives sur les blogues, je suis entré en studio pour l’enregistrer. Cette décision, j’ai pu la prendre parce que je suis mon propre chef. Un gros label m’aurait peut-être dit : « Non, tu n’as pas écrit cette chanson. Il n’y a pas beaucoup d’argent à faire avec ça… »»

Esprit acoustique
Au Canada, Ayo Technology figure sur la réédition nord-américaine du deuxième album du chanteur. L’opus éponyme propose 20 pièces dans le même esprit que la populaire reprise : une voix posée, douce et apaisante qui s’élève sur des musiques acoustiques réconfortantes.

Parmi les titres proposés par l’artiste, citons Canada, une ballade ludique dans laquelle il fait part de son désir d’emménager chez son idole, Neil Young, et de devenir une star aux États-Unis. «The best thing since The Beatles"/ Is what magazines will write», entonne-t-il sur un air de guitare.

Sous ses allures de jeune premier, Milow cacherait-il une ambition dévorante? «Quand j’ai écrit cette chanson, je voulais parler du rêve de la plupart des musiciens qui font de la musique chez eux, précise-t-il. Mais au dernier couplet, on remarque que c’est à propos de quelqu’un qui n’a pas cru en son rêve, qui a choisi de faire du 9 à 5 dans un bureau. Moi, j’ai fait des sacrifices, j’ai toujours pourchassé mes rêves parce que je ne veux pas avoir de regrets plus tard.» C’est – finalement – bien parti…

Milow
À L’Astral
Ce soir à 20 h

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