Premier débat acrimonieux entre candidats à la mairie de Montréal
Les échanges ont été vifs lors du premier débat entre les candidats à la mairie de Montréal, présenté en soirée vendredi à l’Université du Québec à Montréal par l’Institut du Nouveau Monde.
Denis Coderre, Richard Bergeron, Marcel Côté et Mélanie Joly n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges les uns sur les autres à propos de l’intégrité.
Le chef du parti Projet Montréal, Richard Bergeron, a ouvert le bal en affirmant être le seul à n’avoir rien à cacher. «Je vais faire simple, il n’y a pas un seul membre d’Union Montréal à Projet Montréal», a déclaré ce dernier, suscitant les applaudissements de la foule.
Denis Coderre, qui a démissionné de son poste de député fédéral de Bourassa le mois dernier pour fonder son parti, Équipe Denis Coderre, a repoussé ces attaques catégoriquement. «Laissons les petites chicanes de côté et parlons des vrais enjeux», a invité M. Coderre.
Les échanges ont tout de même tourné au vinaigre avec de nombreuses attaques tout au long du débat. Le fantôme de l’ancienne administration Tremblay a poussé les candidats à montrer patte blanche. Denis Coderre a dû répondre à plusieurs questions sur la présence de nombreux ex-membres d’Union Montréal au sein de son équipe. «Il faut arrêter d’accuser les gens par association, a tranché Coderre. Nous devons mettre fin au cynisme.»
Richard Bergeron a plus tard exhorté ses trois adversaires à faire état du financement de leur parti avant la prochaine élection, le 3 novembre.
Le thème d’une meilleure gestion de la ville est également revenu sans cesse durant le débat. Le candidat indépendant Marcel Côté, à la tête d’une coalition regroupant notamment le parti de Louise Harel, Vision Montréal, a mis de l’avant son expertise d’hommes d’affaires en proposant ses idées d’investissement pour Montréal, surtout dans les transports en commun. Il a cependant invité à choisir ces derniers avec discernement. «Il faut améliorer la gestion de la ville, car Montréal a beaucoup souffert de mauvaise gestion», fait-il valoir.
Mélanie Joly a mis de l’avant son côté pragmatique. Elle a accusé Richard Bergeron d’élaborer une quantité de projets «pharaoniques», lourds de dettes pour la génération suivante, comme le projet de téléférique sur la Rive-Sud. Le chef de Projet Montréal évalue celui-ci au coût de 4 milliards de dollars. Richard Bergeron a répondu en rappelant que le projet du Quartier Dix30 de Brossard a coûté quelque 2 G$.
Richard Bergeron et Denis Coderre ont mis à profit leur expérience en politique active pour livrer efficacement leur message. Denis Coderre s’est voulu le candidat rassembleur, proche des citoyens. De son côté, Mélanie Joly peinait à prendre sa place lors des échanges à quatre, tandis que Marcel Côté a semblé le plus en confiance sur les questions d’économie et d’administration.
Plus que tout, les candidats ont tenté d’accrocher les jeunes à leur message politique, devant l’assemblée de jeunes participants de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.
Ce premier débat sonne le début officieux d’une longue campagne électorale, où plusieurs nouveaux visages se livreront une chaude bataille avant les élections municipales du 3 novembre.
Crédit photo: Philippe Rouleau