Le Conseil supérieur de l'éducation invite la ministre à faire preuve de patience
Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) exhorte la ministre Line Beauchamp, maintenant responsable de l’Éducation, à ne pas mettre en vigueur le bulletin unique au cours de la prochaine année scolaire. Dans un avis rendu public vendredi, le CSE considère que les changements proposés par l’ancienne ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, «vont au-delà de l’instauration d’un bulletin unique, de l’amélioration de l’information transmise à l’élève et à ses parents sur les normes et modalités d’évaluation ainsi que de la simplification des pratiques d’évaluation».
Mme Courchesne avait annoncé en juin qu’elle voulait introduire un bulletin unique plus clair qui mettrait en évidence l’évaluation des connaissances. Celui-ci devrait être utilisé tant par les établissements publics que privés, quel que soit leur ordre d’enseignement. Les changements, qui pourraient entrer en vigueur à la rentrée, «fragiliseraient des éléments importants» du renouveau pédagogique, comme l’approche par compétence par exemple, estime le conseil.
«On veut que les solutions proposées dans ce projet de règlement fassent l’objet d’un examen plus approfondi et qu’on mesure leur impact, a expliqué la présidente du CSE, Nicole Boutin. On veut s’assurer que [ces solutions] servent les intérêts des enfants et qu’elles laissent la marge de manÅ“uvre nécessaire aux écoles pour bien communiquer avec les parents.»
Mme Boutin ajoute qu’il serait préférable d’attendre les résultats d’une évaluation du Renouveau pédagogique au secondaire – présentement en cours – avant de modifier le bulletin. Qui plus est, le projet d’instauration du bulletin unique n’a pas fait l’objet d’un consensus. «Les acteurs du milieu scolaire ne se sentent pas considérés par les contraintes de planification et d’organisation scolaire qui sont les leurs», a constaté le CSE dans son avis, qui demande qu’une vaste réflexion soit faite avec les acteurs du milieu de l’éducation.
La Fédération des commissions scolaires du Québec a indiqué hier qu’elle partageait l’avis du CSE. La nouvelle ministre de l’Éducation doit décider d’ici la fin du mois si l’évaluation à l’école primaire et secondaire sera modifiée.