Chapelet, prière et whisky

Sur mon ancienne planète, l’humour joue le rôle de soupape social. Malgré les lignes rouges et la censure, le peuple pond des blagues hilarantes. On rit de tout.

Certes, ce genre d’humour est cloîtré derrière les portes closes. Pour preuve, en 2006, Nichane, le défunt magazine arabophone prisé au Maroc de l’époque, a osé consacrer un numéro aux blagues marocaines qui rient de la religion, du sexe et de la politique. Il a soulevé un tollé.

En tout cas, des blagues de mon ancienne vie me sont toujours d’un réconfort inimaginable. Je ne me rappelle pas les circonstances où j’ai découvert deux de ces histoires drôles, mais chaque fois qu’elles me reviennent à l’esprit, c’est le fou rire garanti, surtout dernièrement.

La première drôlerie a eu lieu dans la première classe d’un vol Casablanca-Paris. Chapelet à la main et visiblement stressée par l’épreuve du décollage, une femme d’un certain âge n’arrêtait pas de psalmodier des versets du coran et des prières. Une fois l’avion dans les airs, la madame s’est débarrassée de son châle qui couvrait une partie de sa tête et a commandé un double whisky à l’hôtesse de l’air. Intrigué, un voyageur qui observait depuis le début la scène a fini par interpeller la passagère raffinée:
– Madame, je suis désolé de vous déranger, mais je suis fasciné par ce que je viens de voir. Comment peut-on passer du chapelet et des prières à boire de l’alcool sec?
– Mon cher monsieur, le chapelet, c’est pour Dieu, le créateur. Le whisky, c’est pour moi!

L’autre blague met aussi en scène une femme. Celle-ci s’apprêtait à quitter le pays pour effectuer son pèlerinage à La Mecque, l’un des cinq piliers de l’islam. Une fois à la douane de l’aéroport, en effectuant la fouille des bagages, le douanier est tombé sur une bouteille de whisky cachée dans les bagages de la bonne dame.
– Ma chère madame, lui a lancé le policier d’un ton inquisiteur, vous n’avez pas honte de trimbaler une bouteille d’alcool vers les lieux saints. Vous ne craignez pas la colère du divin?
– Mon cher enfant, comme vous le constatez, je suis une vieille dame qui n’a plus la force de l’âge. Lors du «tawaf», je n’ai pas assez de force pour suivre la cadence des pèlerins qui tournent au tour de la «Kaaba». Alors, je prends deux verres de whisky et c’est la «Kaaba» qui tourne autour de moi!

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