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Obvious Child: la fin de l’âge ado

Photo: PC
Ned Ehrbar - Metro World News

La comédienne Jenny Slate discute avec Métro de son nouveau film, Obvious Child.

Jenny Slate, ancienne tête d’affiche de Saturday Night Live, tient la vedette d’Obvious Child, une comédie indépendante qui suit une New-Yorkaise de 27 ans qui fait face à la pire Saint-Valentin de sa vie, notamment à cause d’un rendez-vous qu’elle a pris pour se faire avorter. Cet aspect du film est celui qui a le plus attiré l’attention, ce qui énerve un peu Slate, même si au fond, ça ne lui pose pas vraiment problème.

Ce film réussit à jeter un regard très authentique sur une époque de la vie que, pour une raison quelconque, on n’observe pas d’aussi proche au cinéma d’habitude.
Je sais, c’est étrange. Les gens semblent croire qu’à la fin de la vingtaine on est censé savoir ce qu’on veut, mais qu’on est trop jeune pour vouloir mettre de l’ordre dans sa vie. En fait, je pense que les dernières années de la vingtaine sont très, très difficiles. Elles l’ont été pour moi, en tout cas; je n’y reviendrais pas.

Vraiment?
Personne ne m’avait avertie que la vingtaine était une sorte de seconde adolescence-surprise. Et puis, vous arrivez à un moment de votre vie où vous vous dites: «Je devrais avoir une carrière stable à ce stade, non?» Peu importe ce qu’est votre travail. Ça prend plus de temps que ça. Il y a aussi cette idée fausse comme quoi le développement personnel devrait être achevé à ce stade. C’est faux à 100%.

C’est presque étrange de penser à quel point, dans le temps, on imaginait que les gens savaient exactement où ils s’en allaient à 25 ans.
C’est vrai, non? En huit ans, de 22 à 30 ans, il faut que je me décide à propos de choses que je ne suis même pas certaine de vouloir. Peut-être que, quand on est dans un domaine plus structuré, on est davantage structuré à cet âge. Mais les moments de panique sont permis et sont même normaux.

Êtes-vous fatiguée que les gens parlent d’Obvious Child comme de «la comédie d’avortement»?
Oui, parce que ce n’est pas une comédie sur l’avortement. C’est une comédie romantique avec une histoire moderne dans laquelle une femme se fait avorter de façon sécuritaire et sans regret.

Ce qui est étonnamment rare, vu la façon dont l’avortement est traité en général au cinéma et à la télévision.
C’est important, je crois, d’examiner et d’exprimer l’idée que, même si un choix clair est fait, ça demeure très complexe, même après que le choix est fait. Ces situations plus nuancées sont celles où on trouve le plus d’émotions, qui rendent l’histoire intéressante et font en sorte que les gens peuvent s’y identifier. Croire en une histoire dans laquelle une femme se fait avorter sans que ce soit un traumatisme ou une victoire, mais simplement un aspect de sa vie qui ajoute quelque chose à son développement personnel, avoir foi dans le fait que le public sera satisfait, c’est un sentiment très agréable. On n’a pas l’impression de prendre un risque, ça semble plutôt être une nécessité actuellement.

Néanmoins, vous avez raison, l’avortement n’est pas «le» sujet du film.
En effet. Mais je comprends. J’aime autant que les gens en parlent de cette façon plutôt que pas du tout, et s’ils décident que c’est «ça», le sujet, tout ce qui peut arriver, c’est qu’ils aillent au cinéma et se rendent compte que ce n’est pas seulement de «ça» qu’on parle, mais que le film traite de plein d’autres choses aussi.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Dy6vRnwbXH0]
Obvious Child
En salle dès vendredi

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