Rebâtir sa vie après un incendie
Et la tâche n’est pas simple. Une dizaine de personnes des métiers de la construction se sont engagées à lui prêter main-forte pour réaliser les travaux, mais la mère monoparentale de cinq enfants, âgés de 2 à 17 ans, doit trouver les fonds pour défrayer le coût des matériaux. Comme sa résidence n’était pas assurée, la tâche est gigantesque.
« Au moment de l’incendie, je revenais à peine d’un congé de maternité. J’avais annulé mes assurances pour pouvoir nourrir adéquatement mes enfants, car c’était une période difficile financièrement », explique-t-elle.
Elle doit maintenant repartir à zéro. Malgré deux emplois, le jour elle est éducatrice en garderie et le soir elle distribue des circulaires pour Publisac, elle a de la difficulté à joindre les deux bouts.
« J’ai dû me trouver un nouveau logement et je dois continuer à payer mon hypothèque. Ces deux dépenses représentent à elles seules une somme de plus de 2000 $ par mois. Il en reste beaucoup moins pour les comptes, la nourriture, les vêtements des enfants et les autres dépenses », avoue-t-elle impuissante.
De plus, elle vient d’apprendre qu’elle doit déménager. Son propriétaire a décidé de reprendre le logement qu’elle louait.
Et comme si ce n’était pas assez, elle doit trouver l’argent nécessaire (2300 $) pour faire démolir sa maison le plus rapidement possible. Dans le cas contraire, elle s’expose à de possibles constats d’infraction. Des voisins se plaignant de l’insalubrité des lieux.
La résidente de Mercier ne veut toutefois pas se laisser abattre. Elle garde espoir en la vie.
Si elle jetait l’éponge, elle aurait l’impression de ne pas donner un bon exemple à ses enfants, qui sont sa force de vivre.
« J’ai de très bons enfants. Ils m’aident beaucoup et ils sont ma source d’inspiration. C’est pour eux que je fais tous ces efforts.
« Nous n’avons jamais été extrêmement riches matériellement, mais nous n’avons jamais manqué de rien. Je ne souhaite pas un château, seulement retrouver mon petit chez moi pour que l’on puisse reprendre nos soupers familiaux du samedi soir et passer notre soirée à jouer à des jeux de société tous ensemble. »
Rebâtir sa résidence en fonction des nouvelles réglementations en vigueur est une opération estimée à 130 000 $. Mais avec le coup de pouce de bénévoles, il pourrait être possible de limiter les dépenses à environ 75 000 $.
Mme Donais a donc créé une fondation (www.fondation.nancydonais.com). Les gens peuvent faire un don afin d’amasser la somme nécessaire pour lui permettre de défrayer le coût des matériaux.
« Peu importe le montant du don, ce sera d’un grand coup de pouce et véritablement apprécié », conclut la dame.