Tout n'est pas si simple
Je suis un propriétaire et je peux comprendre les propos de la RCLALQ. Par contre, la situation n’est pas aussi simple que la représentent la RCLALQ et la CORPIQ.
Limiter les augmentations à un pourcentage prédéterminé fonctionne lorsque l’on veut suivre le coût de la vie, mais c’est le seul cas. La réalité fait que ce sujet est très compliqué. Je m’explique :
Prenons mon cas. Je suis nouvellement propriétaire, donc je paie encore mon hypothèque. Ce montant, combiné aux taxes foncières, représente le montant que je demande en loyer. Là, au moins j’arrive juste, ce qui n’est pas mal, et en temps normal, ça me satisferait, car en augmentant graduellement le loyer et en baissant mon hypothèque mon investissement portera fruit. Le problème, c’est que j’ai dû refaire les fenêtres et la porte patio, ce qui m’a coûté environ 3 000 $, et je ne peux augmenter mon loyer de plus que 5 $ par mois… ceci veut donc dire que, dans 600 mois, je vais commencer à entrer dans mon argent. Bien sûr, l’hypothèque va baisser, mais il y aura d’autres rénovations à faire aussi…
Un autre cas où les lois sur l’augmentation ne sont pas adaptées, c’est lorsque l’unité est sous-évaluée. Je connais un homme qui loue un grand 4 1/2 coin Jean-Talon et Saint-Denis, donc super bien placé, et il est forcé de le louer à 500 $/mois… Les buildings avoisinants demandent 1 200 $/mois pour une unité de la même taille. Je ne dis pas que ce montant est raisonnable, mais l’un est clairement trop bas et l’autre probablement trop haut. À cause de cela, l’homme peine à arriver, même si ça fait des années qu’il possède l’appartement, car il ne peut augmenter de 2-300 $ pour arriver à un montant raisonnable.
Bref, tout ce que je tentais de soulever, c’est que le débat sur le coût des loyers n’est pas aussi noir et blanc que laissent croire les commentaires de la RCLALQ et de la CORPIQ. Plusieurs facteurs sont ignorés avec les normes en place, et si la Régie du logement devait gérer les montants des loyers, il faudrait grandement réviser leurs tables.
Sascha Z.