Soutenez

Entrevue avec Nathalie Lambert: Convertir les meilleurs en champions

Nathalie Lambert a été nommée chef de mission pour le Canada il y a deux ans. Elle est à la tête de la délégation canadienne la plus prometteuse jamais présentée. Métro s’est entretenu avec elle.

Comment trouvez-vous Vancouver à quelques jours des Jeux?
Spectaculaire. Ce sont les 7es Jeux dans lesquels je suis impliquée d’une façon ou d’une autre et je crois que sur tous les plans (village olympique, accueil, accréditation), ce n’était jamais aussi hot qu’ici.

Comment se portent les athlètes?
Tout le monde a un sourire accroché au visage. L’équipe a hâte à vendredi et elle est très confiante. J’ai aussi parlé à des représentants d’autres pays et ils sont aussi enchantés.

Les derniers jours avant la cérémonie d’ouverture ressemblent à quoi pour une chef de mission?

J’accorde Beaucoup d’entrevues. On travaille aussi à l’accueil des athlètes. Il faut s’assurer que tous les athlètes ait toutce dont ils ont besoin, qu’ils soient bien dans leur chambre. Il faut aussi maximiser les périodes d’entraînement.

Est-ce que les athlètes canadiens ont un privilège pour l’accès aux sites?
Le Canada s’est entraîné souvent sur les sites, c’est le cas de tous les pays hôtes. Est-ce que c’était abusif? Non. Les sites sont cons­truits depuis longtemps. Donc, les athlètes d’ailleurs s’y sont entraînés aussi.

À partir de quand Équipe Canada pourra se dire mission accomplie?
Notre objectif, il a été dit haut et fort, c’est de terminer au premier rang du tableau des médailles. Je crois que c’est réalisable. On veut du moins remporter plus de médailles qu’à Turin en 2006 [24 médailles]. Nous voulons que le plus d’athlètes qui sont favoris dans leur discipline repartent avec un gros sourire. Nous avons l’équipe la plus talentueuse jamais présentée à des Jeux. Je crois qu’on va avoir beaucoup de «Wow»!

Il y aura beaucoup de «Wow», mais il y aura sûrement aussi quelques moments de déception…
C’est sûr que ce ne sont pas 100 % des espoirs qui atteindront leur objectif. Dans ce temps-là, on essaie de ne pas leur mettre la performance des autres dans la face. On leur dit qu’on est avec eux. Souvent, ce dont on a besoin c’est juste un big hug.

Le Canada a d’excellents résultats en Coupe du monde. Quelle est la part du programme À nous le podium dans ce succès?
C’est un apport majeur. Le programme a été mis sur pied il y a six ans environ et déjà à Turin on a vu des résultats. On a consacré de l’argent à l’entraînement, au perfectionnement, mais aussi à des aspects parfois oubliés, comme la nutrition ou la psychologie. Pour la première fois de l’histoire, on est en phase avec l’avancée technologique grâce au volet Top Secret du programme. Même les athlètes disent qu’ils n’ont jamais été si bien préparés.

Le programme a misé sur des sports où le Canada excelle, comme le patinage de vitesse ou le ski acrobatique. A-t-on laissé certains sports de côté?
C’est vrai que les sports où on a d’excellentes chances de médailles ont été très couverts. Mais aucun sport n’a été laissé de côté. Si t’as 10 $ à miser, tu vas y aller avec ce qui te rapporte le plus. Le but était de convertir les meilleurs athlètes en champions olympiques.

Qu’arrivera-t-il après Vancouver? Le programme va-t-il continuer?
Ça va dépendre de l’atteinte de notre objectif. En même temps, je suis sûre qu’on va avoir incité beaucoup de petits gars et de petites filles à se mettre au sport.

Comment prépare-t-on les athlètes à participer à des Jeux à la maison?
Nous savons depuis que nous avons obtenu les Jeux que notre plus grande difficulté ne sera pas le décalage horaire ou la langue ou le climat, mais bien de rester dans une zone de contrôle devant plein de pancartes «Go Canada». Nous avons dit aux athlètes que ces Jeux ne ressembleraient à rien de ce qu’ils avaient expérimenté auparavant.

Comment sera le public canadien, pour qui le hockey risque d’être le principal intérêt?
Je ne suis pas d’accord. Bien sûr que la médaille d’or qui ferait le plus plaisir ici serait celle des équipes de hockey. Mais les billets sont sold out pour toutes les compétitions. Ça en dit long sur l’intérêt des Canadiens. Je crois qu’ils sont de plus en plus connectés avec les athlètes.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.