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Géorgie: «Poutine dirige encore la Russie» dit Mikhaïl Saakachvili

Elisabeth Braw - Metro World News

Dix-huit mois après le conflit qui a opposé la Géorgie et la Russie en Ossétie du Sud, Métro a rencontré le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui revient sur les relations houleuses entre les deux pays. La Géorgie et la Russie ont rouvert hier leur frontière terrestre après plus de trois ans de fermeture, et surtout, après le conflit en Ossétie du Sud, en août 2008. Le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, revient sur les relations entre les deux pays.

Que pensiez-vous qu’il allait arriver lorsque les Géorgiens sont entrés en Ossétie du Sud en août 2008?
C’était une réaction à une invasion russe. L’Ossétie du Sud a été sous le contrôle géorgien pendant longtemps. Quand les chars d’assaut russes sont entrés sur notre territoire, nous avions deux choix : ne pas réagir à l’agression russe ou envoyer nos troupes. Nous avons ralenti l’invasion russe et sauvé plusieurs vies. Malheu­reu­sement, des gens sont morts, mais nous en avons sauvé 10 fois plus.

Pensez-vous que le conflit aurait pu dégénérer et devenir plus global?
Les Russes ont promis de nous envahir à nouveau. Aujourd’hui, la Russie contrôle une partie de notre territoire et elle a promis de nous envahir à nouveau. La question qui se pose est la suivante : est-ce que la communauté internationale va jouer à l’autruche et ignorer ce qui a été fait?

Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée au pouvoir de Dimitri Medvedev?

La politique de la Russie est toujours dictée par Poutine. Les seules différences sont rhétoriques. Mais la situation pourrait changer bien plus vite qu’on ne l’imagine, tellement le pays est corrompu. Leur système est pourri parce que, tout comme à l’époque de  l’Union soviétique, il n’y a pas d’investissement dans les infrastructures. Aujourd’hui, il y a encore plus de corruption en Russie qu’il y en avait eu sous l’ère soviétique.

Vos adversaires disent que vous êtes impulsif.
Les Russes veulent faire croire que tous les Géor­giens sont impulsifs et que seule la Russie peut diriger la région. Cela fait partie des traditions russes de traiter ses adversaires de fous et de les enfermer dans des asiles psychiatriques.

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