Money Monster: retrouver son humanité
Jodie Foster réalise Money Monster, son quatrième long métrage, présenté hors compétition au Festival de Cannes jeudi.
Dans Money Monster, Jodie Foster dirige George Clooney, interprète d’un présentateur télé pris en otage par un spectateur en faillite. Rencontre avec l’actrice et cinéaste sur la Croisette.
Il y a eu pas mal de films sur la crise réalisés selon le point de vue des traders, mais vous avez choisi d’adopter la perspective du petit épargnant. Pourquoi?
Je voulais me concentrer sur les gens exclus du système, mais qui rêvent d’en faire partie. Alors que tout a été créé pour qu’ils ne comprennent rien et pour être découragés par ceux qui tiennent les cordes et qui ne pensent qu’à leur profit.
Quelle était votre motivation première pour ce film?
Il y avait bien sûr l’arrière-plan, le monde de la finance, de la technologie, des médias. Mais ce sont toujours les personnages qui m’attirent, leurs caractéristiques et, ici, la fraternité qui naît peu à peu entre le preneur d’otage et sa victime pour aboutir sur quelque chose de très humaniste.
«Ce film est une réflexion sur notre culture moderne : les relations entre les gens sont devenues virtuelles. Dans le film, le personnage de Julia parle à George via une oreillette; lui, la regarde via un moniteur; et pourtant, ils ont l’impression d’être plus proches l’un de l’autre que s’ils étaient dans la même pièce.» –Jodie Foster
Pourquoi avoir choisi George Clooney pour incarner un gourou de la finance? Parce qu’il fallait quelqu’un dont le charme s’impose d’emblée?
Surtout parce que c’est un très bon acteur! Au début, Lee est égoïste et a perdu tout sens des responsabilités en tant que journaliste mais, grâce à cette relation avec ce garçon qui le renvoie à ce qu’il est vraiment, il retrouve son humanité. Je savais que George serait parfait pour jouer ce personnage.
Vos précédents films étaient plus intimistes. Avez-vous eu envie de vous essayer à quelque chose d’une plus grande envergure?
Absolument. Je voulais voir s’il était encore possible de faire un film grand public comme avant : un thriller rapide, efficace, mais intellectuellement compliqué et avec des personnages complexes. Je crois d’ailleurs que les spectateurs ne demandent qu’à être mis au défi. Les gens ne veulent pas être des moutons devant des films de super-héros.
Money Monster
En salle vendredi