Environnement et habitation
D’ici 2050, un nombre vertigineux de personnes auront été contraintes de quitter leur lieu de vie à cause de graves dégradations de leur environnement, dégradations provoquées essentiellement par les changements climatiques. L’IOM, l’organisme de surveilÂlance des migrations de l’ONU, évoque des estiÂmations allant de 25 millions à 1 milliard, le chiffre le plus largement cité étant 200 millions.
Cela nous rappelle que, au-delà des ours polaires et de la fonte de la calotte glaciaire, les changements climatiques auront un impact catastrophique sur les droits humains dans le monde entier.
Des millions de personnes seront contraintes de migrer, notamment vers le Canada, dans l’espoir de trouver un toit, un environnement sain et un milieu de vie où leurs droits humains seront respectés.
Les changements climatiques constituent une douloureuse double injustice : ce sont les populations les moins responsables du problème qui seront les plus touchées. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), «ce sont les pays les moins avancés, les pays les plus vulnérables et les petits États insulaires en développement qui subiront le plus durement les effets des changements climatiques».
En ce 11 juillet, Journée mondiale des populations, Amnistie internationale veut savoir ce que le Canada compte faire pour faire face à ce problème : pas tant face aux changements climatiques en eux-mêmes, à propos desquels les débats ont déjà lieu, mais sur le rôle que notre pays devrait jouer face à cette explosion programmée du nombre de migrants.
Devrions-nous ouvrir plus largement nos frontières afin de faire face à cette nouvelle réalité? Le Canada doit-il se préparer à augmenter significativement son budget au développement pour soutenir les pays déjà pauvres qui feront face en premier aux conséquences des changements climatiques? Le Canada doit-il intervenir dans le débat naissant sur la création d’un statut spécifique pour les migrants environnementaux et, le cas échéant, de quelle manière? Devons-nous investir plus de ressources dans la recherche?
– Bertrand Fouss, Bénévole pour Amnistie internationale, Responsable de la coordination Environnement et Droits humains