La noyade du français
Ces temps-ci, ça brasse autour de la défense du français au Nouveau-Brunswick. Au Québec aussi, surtout à Montréal, il faut demeurer vigilant.
Je vis dans le secteur le plus francophone de Montréal, dans Centre-Sud, près de Radio-Canada. Il m’est arrivé plusieurs fois, dans mon quartier, de devoir insister pour me faire servir en français dans des commerces comme American Apparel, Second Cup, etc. Et ce ne fut pas toujours possible, mon interlocuteur étant unilingue anglais. Toutefois, certains commerces s’ajustent. Et je ne parle pas de l’ouest de la ville, où les anglophones n’ont même pas besoin d’être bilingues pour y vivre et travailler.
À Montréal, on est noyé au milieu des affiches et de raisons sociales anglophones, en plus des films et de la télé qui en rajoutent. Les francophones sont en général bilingues par nécessité géographique, car ils voyagent beaucoup, mais aussi pour avoir accès à plus de ressourÂces culturelles et scientifiques. Alors qu’on nous dit refermés sur nous-mêmes… On ne sent vraiment pas le même effort chez nos conÂcitoyens angloÂphones et immigrants.
Certains, comme l’Anglo Society, au Nouveau-Brunswick, cultivent plutôt le mépris des francophones et cherchent à limiter leurs droits et leur influence, comme les orangistes en Irlande du Nord jadis.
La variété des cultures portées par une langue est une richesse inestimable pour l’humanité, alors que l’uniformité ou le monopole, quel qu’il soit, est un appauvrissement de l’intelligence et du cÅ“ur. Finalement, c’est à nous de nous faire respecter, d’être fiers de notre culture. Il n’en tient qu’à nous d’exiger un service en français et que notre gouvernement du Québec s’occupe davantage de la formation linguistique et de l’intégration des immigrants. Pas évident avec un premier ministre qui s’appelle John James Charest et qui a les priorités et la base politique qu’il a.
– Gérard Laverdure, Montréal