Les ermites des temps modernes
J’ai lu qu’il y a 20 ans, les gens passaient 16 % de leur journée à discuter ensemble, face à face, alors qu’aujourÂd’hui, c’est moins de 4 %. Encore un peu, et nous donnerons son 4 % à ce type de rapport. Épeurant!
Des chercheurs ont remarqué que la qualité de la langue parlée au Québec laissait de plus en plus à désirer, en particulier chez les jeunes. Le fait que les Québécois discutent de moins en moins de vive voix et de plus en plus virtuellement expliquerait-il une partie du phénomène?
Les sportifs le savent : plus ils pratiquent leur sport, meilleurs ils sont. À l’inverse, moins ils le pratiquent, moins bons ils sont. Il en va de même pour la langue parlée : plus on la pratique avec divers interlocuteurs, meilleur on est pour trouver les mots justes et bien les articuler. À l’inverse, moins on la pratique…
Sommes-nous en train de nous esseuler et de perdre nos habilités langagières sans nous en rendre compte? Notre ermitage involontaire serait-il l’internet et tous ces outils technoloÂgiques modernes qui nous éloignent d’un contact direct avec autrui?
Que se passait-il quand les ermites de naguère décidaient de retourner à la civilisation après des années de retraite? Ils ne savaient plus comment ouvrir la bouche pour parler. Est-ce ce qui guette certains d’entre nous?
– Sylvio Le Blanc, Montréal