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Zambito explique les taxes, les faux extras et les parties de golf

Faire partie de la «clique» d’entrepreneurs à Montréal avait un prix. Et ce prix, les fonctionnaires de la Ville de Montréal se chargeaient de le faire connaître aux entrepreneurs, si on en croit Lino Zambito.

Cet ancien vice-président d’Infrabec a longuement expliqué les cas de deux ingénieurs de la Ville de Montréal, lundi, devant la Commission Charbonneau.

M. Zambito a affirmé qu’il devait payer 1% de la valeur de ses contrats obtenus auprès de la Ville en TPS. Dans le milieu de la construction montréalais, la TPS signifiait la «Taxe pour Surprenant». Suprenant pour Gilles Surprenant, ingénieur à la Ville de Montréal.

M. Surprenant était responsable de la conception des projets pour les appels d’offres. Il s’est assuré que les budgets alloués soient de plus en plus élevés avec le temps, a précisé M. Zambito.

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M. Zambito estime qu’en près de 10 ans, il a pu donner quelque 100 000$ ou 200 000$ à M. Surprenant.

Luc Leclerc, ingénieur, responsable des contingences à la Ville, s’assurait de concéder les extras pour les dépassements des coûts. Il réclamait aux entrepreneurs 25% du montant octroyé par la Ville pour ces imprévus.

M. Zambito pense avoir «facilement» donné 200 000$ en faux-extras à M. Leclerc. Des surveillants de chantiers pouvaient aussi réclamer un dû pour appuyer ces demandes d’extras.

MM. Leclerc et Surprenant étaient aussi des invités réguliers des tournois de golf de M. Zambito. Ils ont même déjà séjourné gratuitement au complexe hôtelier du père de M. Zambito, au Mexique.

Pour payer tous ces fonctionnaires, il faillait hausser les prix. M. Zambito a confirmé que des employés de la Ville de Montréal gonflaient préalablement la valeur des contrats.

Mais M. Zambito s’est défendu de s’en être mis plein les poches avec ces stratagèmes. Les fournisseurs et sous-traitants, conscients de ce qui «se passait» à Montréal, n’ont pas hésité à augmenter leur prix à leur tour, a-t-il expliqué.

Un «bon» chantier pouvait rapporter entre 12 et 18 % en profit net pour Infrabec, une fois tous les extras déduits.

Les «taxes» payées par Zambito

  • 2,5% pour faire partie de la «clique» autorisée à soumissionner à Montréal
  • 3% pour le partie du maire de Montréal
  • 1% à Gilles Surprenant, fonctionnaire de la Ville
  • 25% du montant reçu pour les dépassements de coût à Luc Leclerc, fonctionnaire de la Ville
  • Autre montants occasionnels pour des surveillants de chantiers (entre 10 et 15% sur les extras)

Vito Rizzuto a joué au médiateur

S’il y avait une clique d’entrepreneurs à Montréal, Lino Zambito a rapidement appris à ses dépens qu’il en existait une autre à l’échelle provinciale, pour les contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Vers 2003, la compagnie de Zambito, Infrabec, souhaitait soumissionner sur un projet de réfection du rond-point Acadie. Il a alors reçu un appel de Frank Minicucci, vice-président de Louisbourg. Cette entreprise appartient à Tony Accurso, arrêté au printemps par l’escouade Marteau.

M. Minicucci a essayé de le convaincre que le chantier n’était pas pour lui. Devant l’insistance de M. Zambito, une rencontre a été organisée par M. Accurso au restaurant de ce dernier, L’Onyx, à Laval. Sur place, Vito Rizzuto, alors parrain de la mafia, a agi en tant que médiateur. M. Zambito s’est retiré du projet, mais affirme ne pas avoir subi de pression. «Je me suis dit que j’allais laisser aller en échange de services à venir », a déclaré M. Zambito.

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