Jacques Léonard à la tête du comité sur l’octroi des contrats municipaux
L’ancien ministre Jacques Léonard assurera la présidence du comité conseil sur l’octroi des contrats municipaux créé à l’initiative du maire de Montréal, Michael Applebaum.
«Je ne suis pas à rechercher des criminels, a averti jeudi M. Léonard. Nous devrons aboutir à cibler rapidement les problèmes que nous avons et à dégager des pistes de solutions.»
Ce comité conseil mis sur pied avec la collaboration du gouvernement du Québec se penchera sur les règles d’attribution et de gestion des contrats ainsi que les contrôles internes et externes. Il fera en outre des recommandations en matière éthique.
Selon Jacques Léonard, il est utopique de penser qu’il est possible d’éradiquer complètement la corruption au sein d’une administration municipale. «La qualité d’une administration publique repose sur la concurrence, la transparence, la reddition de compte et l’éthique, a-t-il expliqué. Quand on s’appuie sur ces quatre pierres angulaires, [la corruption] est très limitée, sinon inexistante.»
Au sein du comité consultatif, M. Léonard sera accompagné de l’enquêteur à la retraite de la Sûreté du Québec, Roland Fréchette, qui est un spécialiste des crimes économiques, ainsi que du contrôleur général de la Ville de Montréal, Alain Bond. Les directeurs des services municipaux de la métropole qui accordent le plus de contrats y siégeront aussi, de même que l’inspecteur-chef du Service de police de la Ville de Montréal, Mario Fournier.
«L’objectif [de ce comité] est de faire en sorte que la Ville ait une longueur d’avance sur les personnes qui voudront profiter des contribuables de Montréal», a dit M. Applebaum. Il a indiqué qu’il n’hésitera pas à mettre d’autres mécanismes en place pour lutter contre la corruption et la collusion.
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Le comité conseil sur l’octroi des contrats doit faire part de ses recommandations au maire de Montréal en avril prochain. «Si [M. Léonard] peut aller plus vite, tant mieux», a dit Michael Applebaum. Ces recommandations seront ensuite soumises au comité exécutif et au conseil municipal. Le maire de Montréal décidera après des suites à leur donner.
Vision Montréal a salué la création de ce comité conseil, mais sa chef, Louise Harel, a déploré le délai de quelques mois au cours duquel les élus devront faire preuve de patience avant de recevoir les recommandations de M. Léonard. «Les élus votent sur l’octroi de dizaine de millions de dollars de contrat tous les mois au conseil de ville et dans les arrondissements. Cette réalité impose une vigilance qui ne peut pas attendre six mois, a-t-elle déclaré.
Son parti entend aussi déposer une motion à la prochaine séance du conseil municipal pour que la commission municipale sur l’examen des contrats puisse examiner les contrats attribués par les arrondissements – et non seulement ceux donnés par la ville-centre – ainsi qu’assurer un suivi des rapports du vérificateur général, du contrôleur général et de l’ombudsman.
Projet Montréal croit pour sa part que des élus municipaux auraient dû siéger sur ce comité. «Il est impensable qu’un comité responsable de faire des recommandations sur le système de gouvernance montréalais n’incluent pas des élus, qui sont partie prenante du processus décisionnel et qui sont, ultimement, les seuls imputables devant la population», a indiqué le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. M. Applebaum a mentionné que les partis politiques pourront discuter avec les membres du comité conseil et qu’ils auront leur mot à dire lorsque leur rapport sera soumis au conseil municipal.