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Vision Montréal veut faire la lumière dans le dossier de l'île Lapierre

Le montant accordé à un promoteur immobilier lors de l’achat de l’île Lapierre par la Ville de Montréal, en 2008, a fait bondir l’Opposition officielle vendredi, qui a réclamé une enquête policière pour faire la lumière sur l’affaire.

L’enveloppe de 13,9 M$ offerte à la famille Argento en échange de l’île Lapierre, dont 4 M$ d’argent comptant de la Ville de Montréal et 9,9 M$ en crédit d’impôts, est exagérée aux yeux de Vision Montréal.

Le parti de Louise Harel estime que l’affaire, mis au jour par l’émission Enquête, laisse entrevoir un possible trafic d’influence qui aurait permis de faire gonfler considérablement la valeur de l’île, située à Rivière-des-Prairies.

Vision Montréal a saisi l’Unité permanente anticorruption du dossier, jugeant que la transaction était suffisamment douteuse pour justifier une intervention des enquêteurs.

La mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a soutenu que le promoteur a payé, pendant plus de dix ans, des taxes municipales basées sur une évaluation de 593 900 $.

Cette évaluation était fondée sur le zonage de faible densité applicable à l’île Lapierre depuis 1994. Le montant réclamé de 13,9 M$ correspondrait, quant à lui, à l’évaluation de la valeur marchande de l’île si le zonage avait permis d’y construire 700 logements, comme cela avait été prévu en 1981.

«L’impression générale est que l’administration du maire Tremblay a mené ce dossier avec deux objectifs complètement contradictoires : d’un côté, acquérir l’île pour l’intégrer à un parc, de l’autre, permettre le développement d’un projet résidentiel de 700 logements et faire augmenter considérablement la valeur foncière de l’île, a déclaré Chantal Rouleau. Il semble que cette administration travaillait contre elle-même»

La Ville de Montréal s’est défendu d’avoir surévalué la valeur de l’île Lapierre. L’administration du maire Gérald Tremblay a indiqué, dans un communiqué, que la valeur marchande de l’Île Lapierre était de 5,5 M$ lors de l’achat.

«Ainsi, pour l’achat de l’île Lapierre, la Ville de Montréal a versé 4 M$ au propriétaire, soit un montant en deçà de l’évaluation», peut-on lire dans la note de la Ville.

Le ministère du Développement durable a, de son côté, assuré que «l’évaluation du dossier de l’île Lapierre s’est faite dans les règles de l’art» et qu’il n’y a eu «aucune intervention politique dans l’acceptation de l’île au programme de don écologique».

Tant Québec que Montréal ont souligné la valeur écologique de l’île qui, depuis la transaction de 2008, a été intégrée au parc-nature du Ruisseau De Montigny.

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