Soutenez

Au tour d'Hochelaga d'agir contre les îlots de chaleur

Après les arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve prend à son tour des mesures pour réduire les îlots de chaleur. Le Conseil de l’arrondissement adoptera mardi un règlement obligeant l’aménagement de toits écoénergétiques sur les nouvelles constructions.

Le projet du maire d’arrondissement, Réal Ménard, comprend des règlements à propos des toitures et du verdissement des terrains. Ainsi tout toit plat ou à pente douce devra être construit avec un revêtement de couleur blanc (en gravier blanc ou en membrane caoutchouc synthétique) ou en végétaux.

L’avantage d’un toit blanc est que, contrairement au toit en asphalte qui absorbe la chaleur solaire, il réfléchit les rayons. «Ce n’est pas négligeable, explique Yves Perrier, expert-conseil en bâtiment, ces îlots de chaleur peuvent faire augmenter la température de 2 ou 4 degrés Celsius en ville.»

Il n’y a pas que les toits qui absorbent et génèrent de la chaleur. En effet, un îlot de chaleur se retrouve dans toute zone bétonnée ou asphaltée telle que les routes, les grands stationnements, etc. «Hochelaga a connu une industrialisation précoce et nous avons peu d’espaces verts», a indiqué M. Ménard. Ce dernier a cité en exemple les Galeries d’Anjou ou encore le Stade olympique en tant que «point chaud» de l’arrondissement.

La lutte contre ce phénomène se fera également par le renforcement d’un règlement pour rendre l’abattage des arbres plus stricts. De plus, pour les nouvelles constructions dont l’immeuble couvre moins de 70% du terrain, il sera obligatoire de verdir 20% de la superficie. Finalement, les aires de stationnements extérieurs de 1000m2 devront être recouvertes de végétaux sur 10 à 15% de la surface.

Plusieurs promoteurs devront cependant assumer les coûts supplémentaires entrainés par ces mesures. «Nous sommes conscients que le projet aura un impact, a reconnu, M. Ménard.» M. Ménard croit toutefois qu’en favorisant les toits écoénergétiques, le marché se développera et les prix se démocratiseront. «En trois ans, les prix ont déjà baissé», a-t-il soutenu. M. Perrier confirme que les prix d’une toiture blanche ont diminué, même s’ils sont encore de 10 à 15% plus cher qu’un toit en asphalte.

Zones grises

Selon M. Perrier une phase d’expérimentation de toitures blanches aurait permis:

  • De savoir si ces membranes blanches une fois recouverte de saleté et de pollution conservent leur capacité réfléchissante
  • Que les entreprises développent une expertise. «Ce genre de règlement entraine une prolifération de «spécialistes» qui n’ont jamais posé de toit blanc.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.