La Ville fera payer les syndicats pour le «vandalisme»
La Ville de Montréal transmettra la facture aux syndicats de ses employés pour le nettoyage des actes de «vandalisme» réalisés sur ses véhicules et son mobilier.
La Ville compte ainsi contraindre les syndicats à assumer les frais pour le retrait des autocollants dénonçant le Projet de loi 3 sur les régimes de retraite apposés sur le mobilier urbain. « Nous avons également été mis au courant de la boue qui a été jetée sur les voitures de police, ajoute Philippe Sabourin, chargé de communications à la Ville de Montréal. La Ville considère que ce n’est pas aux contribuables de payer pour l’entretien.»
Les syndicats touchés par cette décision ne sont pas encore précisés, mais la Ville confirme que tous les syndicats qui ont apposé ces autocollants sur le mobilier urbain ou sur les véhicules de la Ville seront concernés.
La facture serait d’abord envoyée aux syndicats, et en cas de refus, la Ville pourrait avoir recours à des mesures juridiques en envoyant une mise en demeure. Si elle efface encore un refus des syndicats, elle déposera un grief patronal contre ceux-ci.
Ce dernier s’ajouterait ainsi au grief qui est déjà en préparation à la suite du «congé de maladie» pris simultanément par une centaine de policiers de Montréal, il y a plus d’une semaine. Le maire de Montréal, Denis Coderre, exige le remboursement par la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM) des heures supplémentaires effectuées par les policiers qui ont dû remplacer leurs collègues absents.
Les documents seront envoyés prochainement aux syndicats avec les factures indiquant le montant de la réclamation, bien qu’il ne soit toujours pas déterminé.
Dans le cas des «congés de maladie», on sait toutefois que la facture n’inclura que les frais encourus pour les heures supplémentaires travaillées, pendant lesquelles la plupart des policiers étaient payés à temps et demi ou, dans certains cas, à temps double.
Si le syndicat conteste, le dossier sera remis à un arbitre de grief du Conseil des relations de travail devant lequel le syndicat aura la possibilité de minimiser les dommages en fournissant des preuves et ainsi réduire le montant de la facture.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a invité mercredi, en entrevue à Radio-Canada, à plus de courtoisie à l’endroit des employés municipaux. Il estime que le maire de Montréal, Denis Coderre, «jette de l’huile sur le feu avec son attitude de shérif». «Il ne fallait pas jouer au matamore. Je l’invite à plus de mesure dans ses propos», a-t-il indiqué.