Des traitements personnalisés en fonction du profil génétique
Une nouvelle ère s’ouvre en cardiologie, celle des soins personnalisés en fonction du profil génétique des patients, selon l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), qui présentait, mercredi, les résultats d’une étude innovatrice.
Selon cette étude menée par les docteurs Jean-Claude Tardif et Marie-Pierre Dubé, un nouveau médicament, le dalcetrapib, a eu des effets très positifs sur environ 20% des 6000 patients participants, tous atteints d’un problème cardiovasculaire. Sur une période de deux ans et demi, ces patients ont subi 39% moins d’événements cliniques comme les infarctus, les accidents vasculaires, les angines ou les décès cardiovasculaires, que ceux qui prenaient un placebo.
D’un autre côté, un groupe d’environ 25% des patients ont subi une hausse de 27% de ces incidents, alors que le 55% restant n’avait expérimenté pratiquement aucun effet. Qu’est-ce qui explique ces disparités? Les trois groupes de patients, qui avaient fourni leur ADN, présentaient des profils génétiques distincts. Le médicament ne fonctionne en fait que chez les patients ayant un profil AA pour le variant génétique rs1967309. Mais il fonctionne très bien.
C’est la première fois qu’on prouve que le profil génétique a une influence sur la réponse aux médicaments en cardiologie. «La personnalisation des médicaments cardiovasculaires, c’est ce qui va révolutionner la médecine dans quelques années», a estimé le Dr Jean-Claude Tardif.
Le profil génétique aurait le potentiel d’influencer la réponse aux médicaments dans tous les domaines de la médecine. On pourrait donc n’administrer aux patients que les médicaments les plus appropriés pour eux en fonction de ce profil. «Il y a plus d’une centaine de médicaments pour lesquels on connaît un gêne qui pourrait en moduler les effets, a souligné la Dre Dubé. Dans la majorité des cas, ce sont des informations qui pourraient être utiles, mais qu’on n’utilise pas de façon obligatoire. Ce qu’il y a de particulier avec le dalcetrapib, c’est qu’il sera obligatoire de faire un test génétique avant de le donner.»
Dans une seconde étude, l’équipe du Dr Tardif a démontré que l’épaisseur des parois des artères carotides des patients ayant un profil AA avait significativement diminué.
Le médicament, qui doit encore passer des étapes avant d’être approuvé, pourrait être disponible d’ici trois ou quatre ans, selon le Dr Tardif.