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Moratoire demandé pour les espaces verts de Montréal

Photo: Josie Desmarais/Métro

Montréal n’atteindra jamais son objectif de protection de 10% du territoire si elle continue d’autoriser des développements sur les derniers grands espaces verts, déplore une coalition menée par l’organisation environnementaliste Sierra Club, qui demande à la Ville d’adopter un moratoire de 10 ans.

Dans la ligne de mire des environnementalistes, on retrouve notamment deux des derniers grands terrains de l’île de Montréal, les champs Kestrel à Pierrefonds et le golf d’Anjou, qui font saliver les promoteurs.

«Depuis l’adoption en 2004 de la politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels, il s’est perdu 750 hectares d’espaces verts sur l’île de Montréal. Il faut que la culture à la mairie change», a déclaré lundi Floris Ensink, président du Sierra Club Québec.

Ce dernier déplore que l’administration Coderre soutienne le projet de 5 500 logements du groupe Grilli sur 185 hectares terres agricoles inutilisées à Pierrefonds-Roxboro. «On y trouve plusieurs espèces menacées telles que la couleuvre brune, la tortue géographique. Alors que le maire Coderre revient de la Conférence de Paris sur le climat, il doit passer de la parole aux actes», a ajouté David Fletcher, porte-parole de la Coalition verte, une association pour la conservation de l’environnement.

Les opposants au projet ont intenté depuis cet été deux recours juridiques contre la Ville, notamment parce que la Ville n’aurait pas respecté les conditions imposées par la Commission de protection du territoire agricole lors du changement de zonage (d’agricole à résidentiel) sur une portion du secteur.

À Anjou, les citoyens craignent que le changement de qualification d’une partie du golf métropolitain d’Anjou permettra l’installation d’entreprises industrielles alors que le secteur manque déjà cruellement d’espaces verts. «Les promoteurs devraient plutôt se tourner vers les terrains contaminés comme dans le cas du technopôle Angus. Ils représentent 10% du territoire, soit plus que les aires protégées (6%)», a ironisé Al Hayek, porte-parole de l’organisme Les Amis du Parc Meadowbrook.

«Décréter un moratoire complet ce n’est pas la position de l’administration Coderre, car il y a notamment des besoins résidentiels à prendre en compte. Mais on compte déployer une politique très agressive d’acquisition et de protection», a répondu Réal Ménard, l’élu responsable de l’Environnement à la Ville en précisant que 23M$ avaient été dépensés à cet effet dans les dernières années pour acquérir 67,5 hectares.

L’agglomération de Montréal a acquis plusieurs terrains cette année en vue de réaliser leur protection: 37 hectares à l’île Bizard (6M$), 8 hectares à Beaconsfield (3,5M$), 2,3 hectares à Pierrefonds-Roxboro (3,4M$). Mais selon les groupes environnementaux ces acquisition se font souvent en contrepartie de dérogations de constructions sur les lots adjacents.

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